LIVRE DIXIflME
« que VOUS me tiendriez parole et que je suis sacrifié « sans votre participation à une hostilité ou à une (( ambition. Je ne veux pas de la réparation que vous « m'offrez : je serais malheureux que mon nom servît « de texte à une division dans le gouvernement. D'ail- (( leurs, je vois que j'ai des ennemis ou dans son sein, « ou autour de lui, qui ne me pardonneraient pas « mon triomphe sur eux, et qui , en voulant me nuire, « nuiraient à la chose publique. Je suis de la date de « ces soldats qui se comptaient pour rien et qui se « sacrifiaient eux-mêmes à la patrie. Je veux être c( digne de mon époque. » Il embrassa Lamartine et se retira.
Aussitôt que M. Arago eut pris le ministère, les généraux membres du conseil de défense s'occupèrent sous sa présidence de la réorganisation de l'armée sur les bases proposées par Lamartine, comme ministre des affaires étrangères. L'antagonisme qui s'était révélé entre eux et lui, au sujet des quarante mille hommes qu'il voulait rappeler d'Afiicpie et que ces généraux voulaient y conserver, subsista toujours, éclata j)lusieurs fois en discussions prescpie acerbes, et finit par s'étouffer dans le secret des délibérations du conseil de défense, travaillant en dehors du gouvernement sous la responsabilité du seul ministre de la guerre. Les lumières, l'activité, l'énergie de ce conseil répondirent néanmoins pour tout le reste à la pensée du gouvernement. AL Arago, poursuivant les plans du général Subervie et les
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iiôiuMiiiiv (loiil il (Hait assisté , portèrent Tarméo en peu de mois de 370 inilie hommes à 4G5 mille hommes, les chevaux de 4() mille à 75 mille, les armes, les équipements, les uniformes, la défense des cotes, l'armement des places fortes suivirent une proportion analogue de dévelop[)ement. La Républiiiue, en y comprenant ses forces navales et sa garde mobile, allait avoir pour le mois d'octobre une armée de 5S() mille hommes, sans y comprendre les 300 bataillons de garde mobile départementale demandés plus tard connne réserve par Lamartine et par Flocon , décrétés par le gouvernement provisoire et votés par l'Assemblée nationale. Je reviendrai sur le double iiiolif (le cette création, pensée persévérante de Lamartine dans l'intérêt de la force extérieure et de la fédération intérieure de la Hépubliciue contre les assauts prévus donnés à la société.
M. Hclhmont , ministre du commerce et de Tagriculture, axait |)()ur lâche, vu ce moment où tout comnuMce était suspendu, de consoler et iradoiicii" les détresses de rindusliie. Nul cinaclriv. irtMiiil plus propre (pu; le sien h un Ici vnlc Piilicnl, serein, l'csigné, attenlif, ('hxjucnl, |)l('iii (rAme et de compassion j)()ur les angoisses de ses send)lables, ^L Uelhmont donnait à la Hepul)Ii(jue le caractère de probité, de s()llicilud(î et de sympathie (ju'il avait en lui. Assidu