‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 58 sur 216 · II · texte numérisé non relu

II

4U iW-VOI.rTION DE 1848.

et dans les difforonls cliantiers qu'on leur assignait.

On rencontrait le malin sur les boulevards, au\ (Jhainps-Elysées, dans tous les quartiers des faubourgs, de [)etils délachenients de vingt à cent hommes de tout âge et (le tout costume, se rendant , j)récédés d'un dra|)eau et conduits ])ar un brigadier, au travail. Ces hommes étaient tristes de visage, mais sérieux et patients alors. On voyait (ju'ils avaient Thonorable sentiment du devoir douloureux qu'ils accomplissaient envers leurs familles et des devoirs que le gouvernement remplissait envers eux en les secourant par le trasail. Malheureusement , ce travail mal oiganisé n'élail ([u'un |)iét(î\l(^ d'assistances publiijue, un expédient d'urgence pour prévenii" la disell(% les troubles, le désespoir. Ils rentraient le soir, dans h» même ordre, dans leurs (juartiers. Ils faisaient eux-mêmes la police (ït exerçaient une discipline volontaire et mutuelle entre eux. La solde leur était i)ayée tous les samedis, (^e n'était pas une organisation du gouvernement, comme on a voulu le fain» croin* plus tard : c'était une aumône sacrée (M indispensable de TMtat, honorée par rap|)arence <lu travail. Ces ateliers de Paris, (pi'une même nécessite lit organiser d'instinct dans toutes les villes industrielles, déshabituèrent , il est \rai, beaucoup d ()u\iieis du travail sérieux, mais ils sauvèrent les masses de la laim cl du désespoir, la société {\v> lioubles et la piopriele du r;i\age.

Le gouvernement n'eut qu'un loil dans le principe, cr fut <le ne pas a[)[)li(pier ces alelieis à de grands

Page 1