LIVRE DIXIÈME. ^1o
travaux d'utilité publique et de ne pas les disperser à distance de Paris et des grandes villes, foyers de sédition. Quand on le voulut, il était trop tard : leur armée s'élevait à quatre-vingt et à cent mille hommes dans Paris ; il aurait fallu une autre armée pour les contraindre à évacuer la capitale. On les toléra par humanité et par force jusqu'à ce que l'époque révolutionnaire traversée permît au travail privé de réabsorber ces éléments et à la force publique reconstituée d'en dominer le débordement.
Tels furent les ateliers nationaux, qu'on a présentés comme un système, et qui n'étaient qu'un expédient passager, terrible, mais nécessaire. Les hommes prévoyants du gouvernement ne cessaient d'envisager avec crainte le moment où la sédition s'introduirait dans ce noyau de misère et d'oisiveté et où il faudiait le dissoudre par la prudence ou par la force. La sédition ne s'y introduisit qu'après l'arrivée de l'Assemblée nationale à Paris : ce fut l'écueil presque inévitable du premier gouvernement régulier de la Uépublicjue. Nous verrons plus tard comment elle faillit y échouer.
De toutes les institutions républicaines, Tenseignementpublic et l'instruction élémentaire gratuite donnée au peuple était une des plus organiques et des plus vitales. La civilisation d'un peuple est en germe dans ses institutions d'enseignement. Pendant (prune gêné-
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ration ij;ran(lit et nieiiit, une autre génération naît et s'avance sur ses pas pour la remplacer : les traditions (le la première sont le patrimoine de la seconde. I. 'humanité a ainsi un éternel enfant à instruire et à élever.
I.e gouvernement , trop préoccupé de la tempête contre laquelle il luttait dehors et dedans, n'avait pas le temps de mûrir en quelques jours et en (juelcjues nuits dila[)idés dans les orages de la [)lace publique les plans complets d'une éducation po|)ulaire; mais il voulait tenir cette promesse de la Hépublicjueau peuple et préparer la voie à l'Assemblée nationale.
Un homme d'une liempe antique, d'une âme tendre, d'un esprit ferme, méconnu et calomnié depuis pour quelques mots signés imprudennnent dans le tumulte de travaux incessants et inter|)rétés par la malignité de l'esprit de parti dans un sens démenti par sa nature et par sa vi(^ entière, M. Carnot, fut chargé de cette œuvre. La pensée de la révolution était ce qu'elle devait élre, de |)rodignor l'enseignement au j)euple |)ai- une institution (Miseignante émanant de la Uej)ublicjue elle-même; de rendre obligatoire la partie élémentaii(î générale et neutre de cet enseignement, espèce de sens de la lumière int(>llectuelle (ju'une société vraiment morale doit à tous ceux (jui naisscMit dans son sein; dv nv. j)()int asser\ii- Tàine dc<, enfants au monoj)ole d'un corps enseignaiil ; de donner à la société ce (|iii ;q)i)artient à la société, à la famille ce (|ui a|>[)artienl à la famille, à Dieu ce qui ap|)arlient à