LIVRE DIXIËME
Dieu. L'enseignement républicain peut combiner tout cela dans une forte organisation de l'Université et dans un complet système de liberté d'enseignement en concurrence avec l'institution enseignante de l'État.
La République rationnelle ne pouvait vouloir ni enchaîner la civilisation et la conscience au clergé, ni interposer une main profane entre la religion du père et l'àme de l'enfant. Elle devait donc émanciper la conscience religieuse de la tyrannie de l'État, comme elle devait émanciper l'intelligence du peuple de la suprématie imposée des dogmes. Sa pensée, comme celle de l'avenir, était la liberté intellectuelle comme la liberté civile des cultes, la foi individualisée dans l'homme, Dieu libre de se manifester et d'éclater [)ar la raison toujours croissante dans l'esprit humain, le sentiment religieux seulement sous toutes les formes, mais institué, propagé, honoré, cultivé comme dogme universel de toute société spiritualiste.
M. Carnot pensait et agissait dans cet esprit. Il avait à coté de lui, en M. Reynaud , son sous-secrétaire d'État, les traditions de l'époque philosophicpic corrigées par le sentirnent religieux et ap[)li(juées pai* le sentiment démocratique, les lumières de l'Assemblée constituante, les instincts fiaterncls de la vraie République, la tolérance, la liberté et la modération de notre époque : c'était là l'esprit de ce ministre. C'est celui de tous qui eut le plus do temps pouiréfléchir et (pii niiMlita \o plus de bien.
Le premi(}r acte de AL Carnot fut une (iiculaiic an
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cleriré pour déclarer que la République voulait être religieuse, et pour Tencourager à rentrer dans ses tem|)les respectés par le peuple et protégés par le gouvernement, il proj)osa deux lois : la première sur i"in>lruction primaire, ou il concilie les trois principes énoncés plus haut , obligation, gratuité, liberté de renseignement. Cette loi faisait de Tinstituteur un fonctionnaire de morale et d'intelligence pubiicjue; il fonda l'École d'administration, école qui avait le tort d'être unique au lieu d'être spéciale à chaque branche d'administration ; il éleva le traitement des instituteurs; il fonda TEcole malernelh», pé[)inière de charité [)Our former Io> mères adoptives des salles d'asile ; il développa l'enseignement agricole dans les écoles priuiaires ; il piovocjua l'adoption par l'Ktat des élèves crélite qui manifestaient des vocations transcendantes ; il rétablit les lycées et y ordonna l'étude de l'histoire de la révolution française; il y réprima énergi(juemenl l'indiscipline que le contrecoup de la crise de février y faisait redouter; il j)roposa un Athénée libre, conq)lément des hautes études et des cours |)ublics, exerçant l'esprit de la jeunesse aux plus hautes spéculations de hi philosophit^ ; il organisa des lectures publi(jU(^s pour les heures d'oisivelé du peuple; il encouragea la littérature populaiic (jui maufjue prescjue enlièrement en France; il donna des directions et des primes à ce genre de propagation (If hi pensive.
Il fut (rompe par la m,iu\aise rédaclioii de ca'S livres