LIVRE DIXIÈME
populaires. On lui reprocha comme une propagande funeste ce qui n'avait été que l'omission de sa censure. Il fit, comme les anciens, de l'enseignement de la musique un précepte pour l'élévation et l'adoucissement du sens moral et civilisateur du peuple ; il groupa autour de lui, comme conseil philosophique et littéraire, les noms les plus hauts et les plus purs de la philosophie et de la littérature républicaine, au nombre desquels le peuple comptait Béranger, Thomme de ses prédilections.
Une phrase mal rédigée, mal interprétée d'une circulaire de M. Carnot pesa depuis sur son administration et effaça tous ses services. Elle n'avait d'autre intention que de compléter la représentation de l'agriculture en disant aux agriculteurs qu'ils étaient plus aptes à connaître et à faire valoir leurs intérêts que des représentants plus lettrés, mais étrangers au sol. M. Carnot, averti de cette interprétation erronée, la rectifia bientôt lui-môme en termes qui ne laissaient aucun doute à la bonne foi.
« On a présenté, dit-il , ma circulaire du 10 mars (( comme complément de celles qui émanaient du « ministère de l'intérieur, il faut que je m'expli(|ue. « Deux tendances opposées se personnifiaient , aux « yeux du public surtout, dans ^\. de Lamartin(^ o\ « dans le ministre de l'intérieur : je n'ai j)as Ixv^oin « de dire que mes sympathies a|)|)artenai(Mil nu pic- « mier. » Carnot, en effet, était le derni(>r des hommes (ju'on put accuser de violences ou d'abrutissements
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d6mai2:ogi(}iics. Si la Répnl)li(|iie nouvelle avait eu un modrio (le n'pnblicanisnK^ intellii^^ent et moral à présenter à ses amis ou à ses ennemis, c'est sur lui qu'elle anniil porté les yeux. H expie des mots, et on oublie sa pensée et ses actes, mais l'homme est intact, et la Répul)li(jue aura tôt ou tard besoin de le retrouver.
Le ministère de la justice était après celui de l'intérieur et de la guerre le plus étendu dans ses attiibutions et dans son personnel. De grandes questions s'y rattachaient ; M. Crémieux les toucha toutes avec une telle précision cjue TAsscndilée constituante convertit prescpie tous les décrets de ce ministre en lois.
Quant aux mesures qui concernaient le ministre de l'intérieur, elles consislèrfMil surtout dans Tenvoi de commissaires et de sous-coniniissaires destinés à remplacer les préfets et les sous-préfets dans les départements. Presque tous les départements , sans attendre les ordres de Paris, avaient transformé d'eux-mêmes et sans violence leur administration monarchique en administration n^puhlicaine. Nulle part, un préfet, un général ou un soldat n'avaient résisté. On eut dit (|uc la révolution déjà fail(^ dans les esprits n'mail (ju'à se iu)ininer pour se fair(^ nn^onnaître. Partout et sans lutte, des citoyens notables de l'opposition avaient été entourés , à la nouvelh^ des événemenis de Paris, par la masse d»' leurs concitoyens; conduits à l'hôtel df \i\ prdrcliirr on de la s()us-|)réfecture, ils y avaient reçu pacili(pienient d(^s mains de ranci(Mine autorité les rênes de l'administration ; |)artout aussi, et avec