‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 62 sur 216 · LIVRE DIXIÈME. ii · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIÈME. ii

le même accord , les conseils de préfecture, les maires, les conseils provisoires de municipalité avaient été changés ou recrutés de nouveaux membres ayant la confiance des populations. L'anarchie n'avait pas eu une minute pour s'introduire entre les deux gouvernements.

Ces nouvelles autorités avaient été obéies d'instinct avec plus d'unanimité encore que les autorités anciennes. On eût dit que la France entière avait le génie des révolutions et accomplissait cette transformation complète d'un ordre monarchique à un ordre républicain , comme une armée accomplit une manœuvre à laquelle elle a été exercée par la discipline. C'est un des fruits de ces trente ans de liberté constitutionnelle que la France avait pratiquée depuis 1814. La liberté et la raison progessent du même pas dans les peuples.

Le ministre de l'intérieur, M. Ledru Rollin, confirma plusieurs de ces premiers choix de commissaires faits par les populations des départements; il en envoya d'autres de Paris. Les choix d'abord sains attestaient l'esprit de haute et libérale conciliation que la majorité du gouvernement , et que le ministre de l'intérieur lui-même voulaient alors prendre et donner aux départements pour type de l'administration républicaine.

Suivre le bon esprit des départements dans leurs choix spontanés , ne [)as les contraindre mais les séduire à la confiance par l'estime (jue leur inspireraient leurs administrateurs; modérer cecpril y mirait

d'excessif; tempérer ce (ju'il y aurait de trop brûlant; réchauffer ce qui serait trop tiède; prendre les rênes du gouvernement dans les cœurs des bons citoyens; ne pas laisser aux populations agitées le temps de s'apercevoir d'une lacune dans l'exécution des lois d'ordre public ; prévenir à tout prix les guerres civiles et l'effusion d'une goutte de sang; plaindre, consoler. j)rotéger les vaincus; ennoblir Tentliousiasme des vain(jueurs |)ar leur propre générosité; oublier les griefs mutuels entre les partis, et confondre dans la familh^ nationale tous ceux (jui se confondaient dans Tamour de la j)atrie et dans la défense de la société; telles étaient les intentions exprimées dans le conseil par runaniniilé des membres du gouvernement, commentées à toute heure par Lamartine dans ses harangues aux députations des départements et au p(Mi|)le à l'Hôtel de Ville ou sur la place publi(|ue , et rédigées en premières iiish-nefions aux commissaires du gouverneuKMil pai- le miiiislii^ de riiihMieur.

la pluj)art (1<^ C(^s pn^niers commissaires étai(Mit (les mefnbres (!<' la ('luuïibn^ des déj)utés connus |)ar l<Mii- ()p|)()sili<)n mo(l(M(M' à l'ancien gouvernement; des rédacteui*s de journaux dén>ocrati(jues accrédités par l'estime dont ils jouissaient; des clients de la presse républicaine de Paris, et smiont du ^'n^ona^. Le ministre fie rinlciirni' v adjc^iiiiiil drs elif^ils du journal ht Rrfonnr , centre j)lus actif ol plus r(*volulionnain» des conspiration^ anlimonarchicpK^s, o\ «Milin un Ircs-jx'iil !iond)i(» de rlicnts des écoles socialistes,

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