LIVRE ONZIÈME
seule faction. Aussi les membres du gouvernement provisoire n'en conçurent-ils pas la terreur qu'on cherchait à leur en inspirer. « Je tremblerais, dit « Lamartine aux alarmistes, s'il n'y avait qu'un club « des Jacobins, et je n'essaierais pas même de lutter « contre une réunion pareille autrement que par l'in- « surrection des départements; je lui remettrais la f^ victoire et l'empire : mais avec les clubs nombreux, « libres, sans privilèges comme sans contrainte, je ne « crains rien que des tentatives confuses ou isolées, « contre lesquelles l'esprit public et les clubs eux- « mêmes nous serviront contre les clubs. Qu'ils m'ap- « pellent ! Je suis prêt à m'y présenter moi-même, « comme Dumouriez en 1792, et à y accepter les dia- « logues et les accusations avec leurs orateurs. »
Lamartine, en eflet, aida lui-même de bons citoyens à louer des salles, à former des bureaux, à fonder des clubs bien intentionnés dans différents quartiers de Paris pour occuper le soir l'oisiveté dangereuse du peuple et pour en diriger l'esprit dans le sens de sa politique. Il entra aussi en relation indirecte avec les clubs les plus véhéments et les plus mal inspirés, |)our en surveiller les explosions et pour y faire réfut(M* les motions incendiaires par des orateurs (pii neutralisaient les séditions. A l'exception de (pK^Upies forcencs qui demandaient de temps en temps, au club du Palais-