‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 78 sur 216 · LIVRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE ONZIÈME

au profit (le leur nom personnel la popularité attachée au nom de la Pologne.

Forts de cet appui, les réfugiés polonais soufflaient le feu do la guerre dans les clubs et formaient euxmêmes des clubs plus incendiaires que les clubs français. Quelques-uns abusaient de l'hospitalité pour mettre le feu à l'asile que la France leur prétait. Ils se servaient des subsides de la France pour l'agiter et l'entraîner à des émeutes et à des anarchies. La société polonaise secrète , dont la police du gouvernement perçait les conciliabules , reprenait à Paris la langue et les traditions de 1793. Le nom de Lamartine surtout y était voué toutes les nuits à l'exécration et à la justice des sicaires, comme celui de l'homme qui résistait le plus inllexiblement aux trames des démagogues étrangers contre la nouvelle République. On voyait poindre dès ces premières semaines le plan et le crime du 15 mai suivant.

Les autres Polonais réfugiés suivaient les inspirations patriotiques du prince Czartoriski et des autres chefs et généraux réfugiés. Leur conduite était digne du respect qu'ils portaient à leur cause et à la Franco. Ils ^e contentaient de tourner leur regard vers leur pays et de demander la liberté de retourner y mourir pour leur indépendance, aussitôt ([u'une porté leur serait ouverte pour y rentrer.

4is RÏ^:VOLrTION DE 1848.

(]epeiulanl, l'Kurope paraissait siiSpciuhie entre la terreur (jue lui inspirait la révolution de Paris et l'espérance de possibilité de paix (jue lui permettait de conserver le manifeste du gouvernement provisoire. Le ministre des États-Unis avait reconnu le premier la Répuhlicpie française en devançant les ordres de son gouvernement et au seul litre de conformité d'institution. La Suisse, que la révolution française fortiliait d'un poids immense contre la pression presque violente de l'Autriche, montrait des dispositions moins favorables. Le ministre des alVaircs étrangères s'étonnait de voir la république française moins saluée à IJerne qu'à Berlin. Il ne [)ouvait se dissimuler que cette froideur de la Suisse [)Our laquelle la France v(Miait (h; montrer tant de chaleur dans les dernières discussions parlementaires , tenait peut-être à cet égoïsme des démocraties mercantiles (pii calculent plus qu'elles ne sentent. 11 était évident que la Suisse, placée parla géographie entre rAllemagne et Tltalic, craignait d'être agitée par ce contact et d'être forcée {\v. dépenser son repos , son or et son sang poui* la cause d'autres indépendances (juc la sienne. Lamartine, (|ui méditait une prochaine tiiple alliance de la France ré[)ublicaine , de Tllalii^ coiistitulionnelh^ et de la Suisse fédérale pour soutenir au besoin le |)()ids du Nord, fut amèrement déçu et profondément hu]iiilié pour la liberté de l'attitude de la Suiss(\ File ne lit néannV)ins aucun acte de désalVection à la France, et reconnut ofliciellement la Hepubliciue.

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