‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 79 sur 216 · LIVRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE ONZIÈME

YIÏl.

Les courriers qui arrivaient successivement de toutes les parties de l'Europe annonçaient partout l'acceptation du manifeste comme base d'une politique incontestée et comme type du caractère (pie la nouvelle République française voulait affecter dans le monde. Les ambassadeurs et les ministres de toutes les puissances reçurent ordre de leur gouvernement de continuer à résider à Paris et d'entretenir des rapports officieux et cordiaux avec le ministre des affaires étrangères de la République. Ces rapports que les circonstances multipliaient, donnaient lieu à des communications fréquentes entre les ambassadeurs et le ministre des affaires étrangères. Ces entretiens, dans lesquels le ministre manifesta sans voile et sans arrièrepensée les intentions hautement républicaines , mais loyalement inoffensives du gouvernement, contribuèrent puissamment au maintien de la paix, en l'absence de notes diplomatiques ([ue la cessation de rapports officiels rendait impraticables. Le cabinet des afliiires étrangères était un congrès permanent et préparatoire, une négociation directe avec toutes les cours à qui les ambassadeurs transmettaient les paroles et les vues échangées entre eux et le ministre de la Républicpie. Ces négociations verbales entre hommes (pii s'interrogent et s'ouvrent l(Mir cœur, sur le (IiéAtrc même des événements, avancent i)lus de choses (jue

1H0 HKVOLUTION DE 1848.

des notes échangées à distance pendant dos années de négociations. Le papier n'a pas de cœur, la parole en a ; le cœur est pour (pielque chose même dans la négociation des grands intérêts des empires.

Dès (pie le ministre des allaircs étrangères eut la certitude des dispositions favorables de ces gouvernements, il nomma les ambassadeurs et les ministres de la République. INI. d'iïarcourt, ancien pair de France, homme d'une dignité personnelle égale à son nom, fiif nommé andjassadeur à Homo. C(^ choix (pioicpie très-libéral n'avait rien de révolutionnaire; il annonçait à la vieille aristocratie française, anv honunes religieux en France et au souverain pontife (pio la Républicpio voulait trait(îr le chef spirituel du catholicisme avec le respect (|ui ap|)artiont au représentant d'une grande partie des consciences. Le pape de son côté assurait par Torgane de son niinistro à Paris (ju'il no faisait pas acception de gouvernement. Ses paroles étaient des bénédictions et non des anathèmes contre la l{ép^d)li(pl(^ \a' gouvornoment français répondait avec franchise à cos ouvertures, lui avouait que la tendance dv. la Hopubllcjuc était la séparation plus ou moins ra|)prochéo du tompon^l ot du spirituel , la suppression (h^, rint(M'V(Mition de FLtat dans Tadminislration ol dans lo salaires (h^s oullos, mais il lui garantissait en morne temps. que la République émi-

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