LIVRE ONZIÈME
nemment religieuse d'ins[)iration, ne ferait cettp grande et nécessaire transformation qu'après avoir pourvu à l'existence des ministres des cultes, au service des églises et des consciences en organisant l'association libre des fidèles pour leurs besoins religieux. Cette transformation du salaire de l'État en salaire libre des associés pour leur culte ne s'opérerait que par voie d'extinction des ministres des différentes communions. La foi devait y gagner en pureté, les croyances individuelles en liberté, le budget des consciences en grandeur et en respect. C'était là la clef de voûte de la révolution, car l'émancipation régulière des cultes, c'est la liberté de Dieu dans les âmes.
Rome et les hommes supérieurs du clergé ne paraissaient nullement effrayés de ces aveux et de la tendance philosophique de la nouvelle Républi(jue. Ils y voyaient le salut, la dignité et un accroissement de force, mais de force propre dans l'empire du sentiment religieux sur les cœurs.
Le ministre des affaires étrangères parla dans le môme sens à l'archevêque de Paris, homme vraiment pieux, et capable de comprendre de plus hautes destinées pour son église (ju'une solidarité tantôt tyrannique, tantôt servile avec les gouvernements.
Le général Au|)ick fut nommé à Tambassadci de Constantinople. il avait été attuché longtemps aux
princo>., mais les membres du gouvernement et le ministre de l'intérieur lui-même le signalèrent avec confiance pour représenter la Républicjue sur un des points les plus importants au dehors. Sa première fidélité était à la |)atrie. lue haute cajiacité nnlitaire et un esprit réfiéchi et sur indicjuaient le général Aupick pour un poste où les diplomaties du monde pouvaient s'entrc-choquer. On n'interrogea que ses aptitudes, on était certain de sa conscience.
Le poste de Londres reçut d'abord un simple charge d'affaires, afin d'éviter par l'absence de tout agent d'un ordre troj) élevé toute occasion de froissement entre deux grands gouvernements qui avaient la volonté intime de se concilier pour la paix du monde et {jue les chicanes auraient pu aigrir et diviser. IMustard, Lamartine venvova M. deTallenav, ministre à Hambourg, honune de l'ancienne diplomatie, connaissant TAngleterre, caractère ouvert, conciliant, facile, propre aux entretiens confidentiels avec des hommes d'Ktat de l'école monarchi(jue et à préparer modestement les voies à des négociations oflicielles, (juand la reconnaissance de la Ri*publi(jne lui permet- Irail {\o déployer ses pouvoirs.
Mais les conversations quotidiennes de Tambassa- (l(Mn- (rAnglctern* , lord Normanby, nwv le ministre i\r> alTain^s étrangères, et la eordialilé sans réiicenco de Icuis rapports faisai(Mit d(^ l'ambassadeur fiançais à Londres une superHuilé. Lord Palmerston el le cabinet anglais paraissaient avoir compris avec uno