‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 85 sur 216 · LIVRE ONZIÈME. ICI · texte numérisé non relu

LIVRE ONZIÈME. ICI

Lombardie, Yénilie, toutes ces parties de l'Empire mal cimentées avec l'Empire lui-même semblaient tendre à une dissolution. La France, qui ne voulait rien contraindre de ce côté, voulait tout accepter de la fortune.

Les premiers froissements de la République française avec le continent commenceraient par ritalie ou par la Suisse. La guerre de principe existait ainsi, quoique non déclarée, entre Vienne et Paris, ou plutôt ce n'était ni la guerre ni la paix, mais une attitude mixte qui participait de ces deux ordres de choses. Le gouvernement ne chercha pas à masquer par de faux semblants cette situation. Il ne voulait ni tromper M. de IMetternich par des subterfuges sans bonne foi, ni se tromper lui-même. Il avoua franchement cette disposition de la République à M. d'Appony, ambassadeur d'Autriche à Paris, loyal et chevaleresque comme un homme du Nord. Il se contenta de laisser pour la France à Vienne un chargé d'affaires aimé de la vieille Allemagne et de la cour pour écouter et pour observer sans agir, car agir c'eut été tromper. La diplomatie de la République ne voulait tromper personne, pas même son ennemi naturel, l'Autriche.

Le ministre fit un choix moins heureux à Naples, sur la foi du parti du National dont il désirait emj)loyer les capacités et satisfaire les and)itions. Le secrétaire de légation qu'il nonmia [)rès de cette coui- v\ auijuel il donna des instructions conformc^s à sa pensée sur

hii ur.VOLUTION DE 18 1S.

iiiK" fiMlôralion de ritalic, [)ensée qui n'excluait [)oiiit Icsliones, s'écarta entièreiiienl de la ligne que le ministre de la Uépubli(|uc lui avait tracée; prenant apparemment ses directions soit dans le parti de propai^^ande radicale à Paris, soit dans les partis extrêmes à Naples, il eut le lani^age et l'attitude de ces envoyés de la Convention, dont la mission était de violenter les rois et de fanatiser les peuples. L'amiral l^audin, (jui commandait la Hotte à Naples, comprit mioux la dignité de la Républiciue. Il réprima autant ([u'il était (Ml lui ces excès de zèle. Le chargé d'alVaires fut rappelé ; on envoya à sa place un homme de mesure et de sa2:acité, M. de liois-le-Gomto. il avait été collaborateur de M. Bûchez dans l'immense travail histori(iue sur notre proniière révolution : il avait poité le poids des détails et piali(|ne le sens vrai de la nouvelle^ diplomatie républicaine dans le cabinet du ministre depuis le 24 février ; il fut envoyé ensuite à Turin.

Lamartine désirait (pie la Républicjue conversAt avec le cabiuet de Pétersbourg. il était convaincu cpril n'y avait entre les deux puissances d'autre incompatil)ililé (pie Tétat de la Pologne. C'est par ce seul point (pic les (l(Mi\ j)(Mi|)l(*s pouvaient se froisser, non par un intérêt territoi ial , mais |)ar une antipathi(Mnorale. Kn Lurop(^ Texécution pr(Mnière des traités de Vienne et des iuslitulions j)ropres et libérales, restituées par rem|)er(uir de Russie au royaume de Pologne, j»(Mi\ait peruH^hc aux deux polilicpies de se réconcilier avec lioinieur et sûreté pour tous. 11 fallait du temps et do

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