LIVRE NEUVIÈME
France. Les désastres de rinvasion étaient accumulés comme des remords de gloire dans le cœur des po[)ulations. La France, si essentiellement militaire, était non-seulement lasse, mais humiliée de paix. La révolution semblait rouvrir d'elle-même les portes de la guerre; l'armée l'aspirait, le peuple la chantait, la surabondance de population oisive et active la motivait, la fraternité même pour la délivrance des nations opprimées semblait la sanctifier; la haine des républicains irréfléchis contre les trônes la passionnait; les hommes d'État violents la lançaient de leurs lèvres et de leurs gestes à la multitude; enfin les hommes d'État empiriques voyaient dans la guerre un expédient précieux à saisir pour élaguer la population alliée révolutionnaire des villes, pour faire une heureuse diversion aux agitations intérieures, et pour rejeter sur les frontières les brandons de ce foyer cjui se dévoreraient eux-mêmes à l'intérieur, si on ne les déversait pas sur le continent. Les révolutions n'ont qu'une heure, disaient-ils, il faut les saisir pendant (ju'elles brûlent; (piand elles sont éteintes on les étouffe du pied. Les révolutions folles n'ont ([u'une heure en effet, leur répondaient les hommes sensés du parti de la paix : mais les révolutions humaines, modérées et réfléchies, ont des années et des siècles devant elles. Elles ne jouent pas le sort de la liberté et des progrès des peuples sur une carte, dans nu accès d'énergie souvent immorale, elles ne jouent qu'à coup sur, et elles mettent de leur côté le droit.
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\n niisoti, la juslico du la cause, les [)eu[)les et Dieu.
Lamartino ('lail roinaincii de ces vérités. Il étail convaincu de plus que si la France attaciuait la |)reinicrc, celle agression scrail l(* prétexte et le signal iiicN ilabic «Tune coalition des années et d'uiK^ ligue de rois contre la H(''j)ui)li(|ue. Il ne doulail ()as (jue l'énergie accumulée de la France ne triomphât longtemps de cette coalition ; mais Tliistoire et le bon sens lui disaient (jue la guerre offensive d'un peuple contre l()ii> les aiili-es iinissail fol on taid par une invasion, même (juand ce |)euj)le a\ail les soldats de Napoléon pniir aiine(\ cl la uHv de Napoléon pour les conduire, la Kepul)li(ni(» amenant Tinvasion de la France reculait de ciiHpiante ans la iilxMlé. De plus (et c'était là suilout sa j)cnsée), Lamartine savait |)ai' Thistoire et pai' la nalnie (pie louti^ guerre d'un seul peuple conli'e tous les aiitre> e>l une guei re extrême et désespérée; (pie toute guerre cxticme et désespérée exige dans la nation (pii la snp[)oile d(S cffoiMs cl des nii)\en> de con\ ulsion aussi (^xtrcmc^s et aussi désespérés que cette guei-re elle-inèine; (jue d(\s efforts ci des moyens de cctti^ nalnic ne p(Hi\(Mit être cmj)loyés «pie piir un gouveineni'-nt extième el désespère aussi; et (pie CCS movens sont les iinp()ls excessifs d Or et de sani;, les (Mnpiiiiil> l'oices, les papi(Ms-monnaies, les proscriptions, les liibunaux riîvolulionnaires et les