‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 90 sur 216 · LIVRE DOUZIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DOUZIEME

« jamais. Croyez-en les noms des liommes qui le coni- « posent. (Bravo !)

« Soyez certains qu'avant peu de jours, le gouver- « nement provisoire prendra lui-même la parole, que « ce qui a pu dans les termes, et non certes dans les (( intentions de ce document blesser , inquiéter la « liberté et la conscience du pays sera expliqué, « commenté, rétabli par la voix même du gouver- « nement tout entier. (Acclamations : — cris de vive (( Lamartine!)

« Dites : vive le gouvernement tout entier! reprit « Lamartine, car cette pensée n'est pas seulement la « mienne, elle est celle du gouvernement tout entier « et du ministre lui-même. »

Un membre de la députation s'écrie : (< Nous l'ac- (( ceptons comme telle. »

M. Lamartine reprend : «Citoyens! de tous les (( dogmes qui ont survécu aux grandes chutes de « trônes et d'empires dont nous sommes témoins « depuis un demi-siècle, il n'y a qu'un dogme impé- « rissable à nos yeux, c'est celui de la souveraineté (( nationale — (Bravo! bravo!) — c'est celui de la « souveraineté nationale auquel nous ne nous permet- « trons jamais d'attenter nous-mêmes, etaucjuel nous « ne permettrons jamais qu'on attente en notre nom « ou au votre.

a Le gouvernement provisoire se félicitera, u'cmi <( doutez pas, (pie vous soyez venus comme un piesseii- « timent de ro})iiiion vraiment républicaine, c'csl-à-

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« (lire libre, [)rovo(jucr une explication de lui sur la « conduite (ju'il veut tenir dans les élections dont doit « sortir aussi le iiouvernenient républicain de la France! a le gouvernement ne veut peser et ne doit peser ni « directement ni indirectement sur les élections; — oui, « connue gouvernement , armés d'une parcelle quelce conque de la puissance publique, nous rougirions « nous-mêmes des reproclies que nous avons faits aux « gouvernements (|ui nous ont précédés, si, au lieu « de la corruj)tion (pii a fait par ses scandales la révo- « lution même d'où la Républicpie est sortie, nous « employions aujourdliui cette autre corruption , la « pire de toutes les corruptions, la corruption de la « crainte et de l'oppression morale des consciences. « ( Bravo ! bravo! )

« Non, c'est d'une source libre et j)ure (jue la Uépu- (c blique doit soitir et (ju'elle sortira! Tranquillisez- (( vous, citoyens, et repoilez ces paroles à vos concise toyens du dehors. — (Plusieurs voix : Oui! oui! « nous les reporterons avec bonheur. ) »

Lamartine continue : « Je désire, nous désirons tous « qu'elles retentissent dans l'opinion publique de Paris « et de la France. Nous désirons qu'elles la rassurent « sur le sens mal interprété de quelques mots qui {< n'avaieni ni la sii^nihcation ni la portée qu'on a « voulu leur donner en s'alarmanl d'expressions ipii « faussent souvent les |)ensées. Sache/.-lc et dites-le « bi(Mi à ceu\ (pii nous allendent. Le gouverFiement « de la Hepubli(jue tout entier ei)rouve le besoin de

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(( rassurer deux fois la conscience publique, une fois « dans ce dialogue que nous avons ensemble, et bien- « lot par une proclamation à tous les citoyens de la « France. — (Acclamations prolongées.)

rt Vous voulez et nous voulons que la Rcpul)liquc « et la liberté soient un même mot — (Oui! oui!) — « autrement la République serait un mensonge et nous « voulons qu'elle soit une vérité! — (Bravo! ) —Nous « voulons une République qui se fasse aimer et resu pecter de tous, qui ne se fasse craindre par perte sonne excepté par les ennemis de la patrie ou des (( institutions. — (Bravo!) — Nous voulons fonder une « République qui soit le modèle des gouvernements (( modérés et non Timitalion des fautes et des malheurs (( d'un autre temps! nous en adoptons la gloire, nous « en répudions les anarchies et les torts! aidez-nous à (( la fonder et à la défendre! votez selon vos conscien- « ces, et si, comme je n'en doute pas, ce sont les court sciences de bons citoyens, la République se fondera (( par vos votes comme elle s'est fondée ici par les bras « du peuple de Paris. » — (Bravos unanimes.)

La députation se relira aux cris réitérés de vivo Lamartine! vive le gouvernement j)rovisoire! vive la République!

Ces paroles acceptées avec une joie frénéti(|uo pai- la dé[)utation et par riinmense auditoiic (raudcs depu-

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