CHAPITRE XXII
Les clubs. — M. Barbés. — M. Raspail. — M. Cabet. — Les
journaux. — M. Proudhon. — M. de Lamennais. — Aspect de Paris. — Les femmes.
Une révolution faite au nom du droit de réunion, un gouvernement qui invoquait pour unique raison d’existence la volonté du peuple ne pouvaient ni limiter ni entraver aucun des modes d’expression de l’opinion populaire .„Les organisateurs des banquets, les rédacteurs du National et de la Réforme étaient engagés d’honneur et contraints par la nécessité politique à reconnaître la liberté absolue de la presse et de l’association. C’est ce que fit le gouvernement provisoire en abrogeant les lois de septembre 1835, en abolissant l’impôt du timbre sur les écrits périodiques, le cautionnement des journaux, en laissant enfin s’ouvrir des clubs dans Paris et dans toutes les vill es de France. En même temps, il ordonnait la mise en liberté des détenus politiques et rendait ainsi à l’agitation de la place publique des noms connus, des hommes considérés par le peuple comme les martyrs de sa cause, autour desquels allaient se grouper et s’organiser les forces révolutionnaires qui, ne se sentant pas suffisamment représentées au pouvoir, aspiraient à s’en emparer à leur tour.
L’origine des clubs, le mot l’indique assez^ est anglaise. Le nom de clnh [massue) fut pris,, au temps de la lutte des têtes rondes et des cavaliers, parles premières assemblées populaires qui se formèrent dans le but de terrasser la monarchie. Plus tard, en changeant d’acception, le mot passa dans le vocabulaire de la royauté représentative. L’engouement de la noblesse française pour les modes bri-