DEUXIÈME PARTIE
giiatiûii et, la calmant ainsi peu à peu, il obtint qu’elle laisserait entrer la troupe de IvL Caussidière, lui promettant que le gouveriiemeiit provisoire ferait réparation aux braves citoyens qui s’étaient dévoués à la garde des Tuileries, et ne les ferait sortir du palais qu’avec les honneurs de la guerre.
Il leur persuada ainsi d’ouvrir la grille aux montagnards, qui entrèrent tambour en tête et se rangèrent en bataille dans la cour. Sur ces entrefaites, le général Courtais, averti, accourait sans escorte. Resté seul au milieu de ces bandes en armes, auxquelles il essaya vainement de faire entendre raison, il se promenait de long en large dans la cour, attendant, non sans inquiétude, car il était en réalité prisonnier, l’issue de cette incroyable aventure. Enfin le gouvernement provisoire parut, MM. Ledru-Rollin, Arago, Marie, Crémieux, Marrast, Pagnerre, prirent successivement la parole et firent de véritables excuses à la garnison des Tuileries. Ils dirent que ce qui venait de se passer était une méprise ; que le gouvernement n’avait pas été informé; qu’il regrettait qu’on eût méconnu le caractère honorable des citoyens auxquels il rendait toute justice. Ils déclarèrent que la garnison des Tuileries demeurerait vingt-quatre heures encore dans le palais afin de bien montrer qu’elle se retirait librement et promirent de nouveau qu’elle sortirait avec les honneurs de la guerre. C’était le 6 mars. Le lendemain, à midi, le général Courtais vint, en grand uniforme, suivi de son état-major, passer la revue des trois cents. Il fit décharger les armes et, marchant en tête de la colonne, il prit, au milieu d’une foule attirée par la bizarrerie de ce spectacle, le chemin de l’Hoiel-de- Ville. Là, les harangues et les remercîments recommencèrent; une somme de 500 francs fut distribuée. Puis, ces hommes qui avaient tenu un moment tout Paris en effroi, qui avaient vécu dans les splendeurs d’une résidence royale, qui avaient eu quelque sorte traité d'égal à égal avec le gouveimement de la République, rentrèrent dans leur obscurité et dans leur