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ATTAQUE DU PANTHÉON. (P. 4jC.)
1111 dernier reste du gouvernement provisoire et de la révolution. M. Thiers croyait peu aux talents politiques du général Cavaignac ; l’antipathie que le général lui témoignait le faisait sourire ; et, par une sorte de générosité dédaigneuse que lui inspirait la certitude d’être bientôt, à la tête du parti dynastique, maître des affaires, il joignait ses efforts à ceux de MM. Senard et Marrast pour porter au pouvoir le général républicain.
Quant à la déclaration de l’état de siège, on sonda les bureaux avant d’en porter la proposition à l’Assemblée. Là, on rencontra une opposition sérieuse ; l’état de siège répugnait profondément aux républicains de l’école libérale; un pouvoir tout militaire leur paraissait une énormité.
L’un des représentants qui parla le plus fortement dans ce sens, ce fut M. Grévy, re¬
présentant du département du Jura. C’était un esprit ferme et tempéré, à qui l’amour du bien et l’habitude des choses honnêtes traçaient toujours, sans qu’il eût besoin d’efforts, la ligne la plus droite. Sa parole était grave, lucide; il possédait cette logique invincible de la sincérité qui gagne tous les bons esprits. L’un des nouveaux venus dans l’Assemblée, il s’y était promptement acquis, sans intrigue et même sans ambition , une considération particulière. Républicain par réflexion plutôt que par entraînement, il ne concevait le progrès que par la liberté. Se tenant à cette notion très-simple, mais bien rare dans les querelles de parti, il parut constamment, au sein j de l’Assemblée, comme une expression modeste de sa meilleure conscience, comme un exemple parfait de l’esprit parlementaire ap pliqué dans toute sa sincérité à l’affermisse-