‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 44 sur 266 · CHARGE DES GARDES MUNICIPAUX SI R T.A PLACE DE LA CONCORDE (P · texte numérisé non relu

CHARGE DES GARDES MUNICIPAUX SI R T.A PLACE DE LA CONCORDE (P

critique des gardes municipaux isolés dans le centre de l’émeute, avait fait demander des renforts au général Sébastian! pour les dégager. Celui-ci avait invariablement répondu qu’il ne pouvait pas disposer d’un seul bataillon. Cependant, soit pour ne pas décourager les officiers réunis à sa table, soit qu’il essayât encore de se faire illusion, M. Delessert disait, à huit heures du soir, à ceux qui l’interrogeaient sur le tour que prenaient les événements : « C’est une émeute qu’il faut laisser mourir d’elle -même. «

A la même heure, on se réunissait pour dîner à l’hôtel du ministère de l’intérieur. Madame Duchàtel faisait avec gTcàce les honneurs du repas à MM. Guizot, de Broglie, Janvier, et à un certain nombre d’amis restés fidèles au cabinet conservateur. Blessé au vif de la conduite du roi, se croyant joué par ses

rivaux, insulté par son propre parti, M. Guizot affectait l’indifférence. Il était convenu avec M. Duch<âtel de ne plus donner aucun ordre et de laisser se tirer d’affaires, comme il pourrait, le cabinet encore inconnu qu’on osait lui préférer. Rien ne lui paraissait plus pitoj^able que cette chimère de conciliation et ce ministère d’expédient auquel on le sacrifiait. Il n’attendait des événements qu’une prompte, une infaillible vengeance.

Les convives commentaient d’une verve moqueuse ce qui était à leurs yeux l’unique événement du jour : le changement de ministère. On aiguisait les épigrammes, on souriait à la pensée des embarras où M. Molé se jetait lête baissée. « Vous verrez que ce cabinet sera plus conservateur que nous, « disait M. Duchàtel ; et il complimentait ironiquement M. Janvier, qui, assurait-il, ne pouvait

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