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attaque du PO,' te DR T.X P^^CE Dr r.A COVrORDE (p. 87).
Les quais du Louvre et des Tuileries sont occupés militairement. Le 7® régiment de cuirassiers arrivant du pont Neuf est à la gauche du pont; le 37® de ligne, sous les armes, est à la droite. On ignore les dispositions de la troupe; mais, sans qu’il y ait rien de provoquant dans son attitude, elle semble prête à accepter le combat.
La colonne insurgée fait halte, à peu de distance des premiers pelotons. Dunoyer, s’approchant des officiers, leur annonce que les trois légions de la rive gauche , suivies du peuple en armes, marchent sur le Palais-Royal pour arrêter l’effusion du sang. Sa compagnie, dit-il, est l’avant-garde de l’armée populaire et vient demander le libre passage.
L’un des officiers va consulter le colonel, qui, à la vue des gardes nationaux mêlés au peuple, élève en l’air la poignée de son épée;
aussitôt les soldats dressent la crosse de leurs fusils. Un passage s’ouvre devant la colonne révolutionnaire; elle traverse le Louvre aux cris de : Vive la France! vivent les cuirassiers! vive la ligne! La musique du régiment répond à ces cris, en jouant la Mo.rseillaise.
Pendant ce temps, quelques insurgés s’étaient glissés un à un le long du quai des Tuileries, en fraternisant avec les soldats. Ils né tardent pas à pénétrer dans la cour du Carrousel par le guichet de l’Orangerie.
La cour des Tuileries est occupée par de nombreuses troupes, mais la place du Carrousel est complètement évacuée. Une foule en» armes, venant de la rue Saint-Thomas, commence à l’envahir, au moment même où la colonne de la rive gauche achève de passer le guichet du Louvre; trois coups de canon se
font entendre; une fusillade retentit sur la ligne du château : elle tue et blesse plusieurs insurgés. La colonne de Dunoyer riposte, ainsi que le groupe qui avait pénétré par le guichet de l’Orangerie. Plusieurs balles mortelles atteignent à la fois un malheureux piqueur en j grande livrée rouge, qui conduisait au château deux chevaux des écuries royales, destinés aux voitures de madame la duchesse d’Orléans. Aussitôt, sur les instances de quelques-uns des siens, Dunoyer commande un mouvement de retraite pour aller s’assurer de nouveau des dispositions de la troupe qui gardait la tête du pont du Carrousel. On fraternise ; les cuirassiers annoncent qu’ils veulent retourner à Versailles, leur ville de garnison. Pendant ce temps, le chasseur Tordeux, qui avait vu plusieurs pièces d’artillerie sortir de la cour des Tuileries parle guichet du pont Royal, va observer si elles ne prennent point une direction offensive ; il constate qu’elles se dirigent vers la place de la Concorde. Alors les tambours des insurgés battent la charge, la colonne reprend sa marche à travers la place presque déserte, et parvient jusqu’au poste de l’état-major, où stationne, l’arme au pied, la garde nationale de service, composée de plusieurs détachements de la quatrième, de la cinquième et de la sixième légion.
Dunoyer invite le commandant à se joindre à lui pour pénétrer ensemble dans les Tuileries; celui-ci s’y refuse, en alléguant qu’il a un service commandé et qu’il n’y saurait manquer sans un ordre supérieur. Malgré ce refus, les insurgés passent outre. Presque aussitôt les divers détachements quittent la place, tournent par la rue de Rohan et vont se répartir dans plusieurs postes voisins. La colonne de Dunoyer se rapproche alors de la grille du château et bientôt elle 3’ entre par le guichet de l’Echelle, que l'on vient d’ouvrir pour la garde nationale de service ; elle marche avec ordre, tambours en tête et la crosse en l’air. Elle se déploie dans la cour des Tuileries aux cris de : Vite la réforme] La garde nationale, alignée près du poste de l’Échelle et le long
du pavillon de l’Horloge, reste morne et silencieuse.
Une artillerie formidable est encore en bataille dans la cour. Le 25* régiment de ligne, sous les armes, stationne devant le poste où est déposé son drapeau. On voit, plus loin, un bataillon du génie et de forts détachements de cavalerie. Au milieu de tout cet appareil guerrier règne un profond silence. La consternation paraît sur tous les visages. Duno3mr s’avance alors vers le commandant du 52®. « Tout Paris est en révolution, lui dit-il; la garde nationale, le peuple et l’armée fraternisent; nous venons ici fraterniser avec le brave 52®. « Les officiers répondent à Dunoyer qu’ils se préparent à partir; un sergent, qu’il interroge sur le nombre de cartouches dont il dispose, lui montre sa giberne vide.
Sur ces entrefaites, un valet de chambre du comte de Paris aborde Dunoyer; il lui annonce que la duchesse d’Orléans est à la CJiambre, le conjure de protéger le retour de la princesse et l’invite à monter dans l’une des deux voitures qui sont là, prêtes à partir pour aller chercher la régente et le jeune roi, ajoutant qu’il a plein pouvoir pour lui offrir tout ce qu’il pourrait désirer. « Ne comptez ni sur moi ni sur mes compagnons d’armes, lui répond Dunoyer ; nous ne sommes pas ici pour servir les princes. « Presque au même moment, M. Lemercier, en grand uniforme de colonel de la garde nationale, s’approche et renouvelle à Dunoyer les mêmes instances et les mêmes promesses; mais, v03’’ant qu’il ne peut le persuader, il monte sur le siège de l’une des voitures et part pour la Chambre. Un gardien du château, interrogé par les insurgés, leur dit que le roi est encore dans ses appartements. Aussitôt ils s’avancent vers le pavillon de l’Horloge. Là, ils rencontrent le colonel Bilfeld, gouverneur du château, pâle, hors de lui. Il se jette dans les bras de Dunoyer et le supplie de l’épargner. Celui-ci le rassure, mais l'engage à quitter son uniforme et à sortir au plus vite des Tuileries. Trois