‹ Histoire de la révolution de 1848Chapitre 51 sur 81 · LXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXVI INTRODUCTION

geois(c'estlenomqu'onleur donnait), qu'ils accusaient d'intrigues et d'ambitions égoïstes. Le seul foyer ardent du républicanisme montagnard était la Réforme. Fondée en 1843 par MM. Flocon, Baune et Grandménil, dans le dessein formel de renverser la dynastie d'Orléans, la Réforme, qui comptait parmi ses rédacteurs MM. Godefroi Gavaignac, Ledru-RoUin, ^ Louis Blanc, RibeyroUes, Etienne Arago, Schœlcher *, avait mieux compris que le National les tendances nouvelles du peuple, et, quoique la tradition jacobine fût le fond de sa politique, elle ne repoussait ni ne raillait, comme le faisait le journal de M. Marrast, les idées socialistes ; souvent môme elle en admettait l'exposition dans ses colonnes. Par M. Louis Blanc, elle leur donnait un gage ^. Aussi la Réforme devintelle en peu de temps beaucoup plus populaire que le National^ qui sentit avec dépit la direction du mouvement démocratique lui échapper. Il en résulta bientôt entre les deux journaux une polémique acrimonieuse et remplie de personnalités. La discorde les sépara en deux camps hostiles; l'intérêt d'une même cause à soutenir fut moins puissant que les rivalités d'une ambition pareille ^. Nous retrou-

1 . La Réforme recevait Timpulsion d'un comité composé de MM. François et Etienne Arago, Baune, Dupoty, Flocon, Guinard, Joly, Lesseré, Lemasson, Louis Blanc, Pascal Duprat, Recurt) Schœlcher, Félix Avril etVallier.

2. M. Louis Blanc était parvenu en ces derniers temps à faire signer au comité de la déforme un programme tout à fait socialiste. (Voir le texte aux documents historiques, n° 1.)

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