‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 14 sur 38 · TOME m · texte numérisé non relu

TOME m

lublique, ^era biea étoimô en voyant le total des milités à la France par in victoire de l'ordre sur les dénios parisiens, lorsque deux A trois millions auraient suffi prévenir cet immense désastre. Il lésera bien davantage id ses investigations lui auront appris rjue cette démocrae la capitale, ainsi saignée aux quatre mcnibi'es, et quo la Dire de juin devait écraser à jamais, donnait encore, queU 6 mois après, cent trente mille voix k ses candidats 1 Id ce moment, l'assemblée nationale et le pouvoir exécutif d'accord pour renvoyer le plus promptcment possible ces ibreux gardes nationaux venus de toutes parts alinde portâtes dangers et la gloire des légions parisiennes , ainsi que : non moins nombreux qui arrivent encore journellement toutes les roules, et dont les abords de l'assemblée nationale littéralement encombrés. Un d<icrct rendu a cet elTet avait lablement ordonné qu'une grande revue, où tous les délaiments de ces gardes nationales délileraient s<ius les yeux de l'assemblée et du pouvoir exécutif, aurait lieu le plus prochainement, et cette grande revue se trouva fixée pour le S8 juin. Cejour-lè, le président, les vice-présidents et les secrétains de l'assemblée nationale, suivis de la presque totalité des repré* sentants, décorés de leur écharpe, s'étaient rangés, dès huit heures du matin, devant la grille du palais qui fait face A la place de la Révolution. Le général Poncelet, k cheval et enlouréd'uD nombreux état-major, avait pris position en face des représentants du peuple. Les gardes nationales des départements couvraient le quai des Tuileries, la place et une partie des Champs-Elysées. Quarante k cinquante mille hommes (d'autres relations disent cent mille) (') étaient ainsi réunis des divers points de la France.

(>) U j •nit é*i()«niinent une grande eiagéntion dans ce dernier nombre : en «Del, li l'on H rend compte que cent treoto^ept cammuocs seulement étaient

Le défilé, commencé aussitôt, offrit, pendant plus d'une heure, le spectacle le plus extraordinaire. Chaque bataillon, chaque détachement, ayant h sa tètê ses chefs, ses tambours, et souvent le maire de la commune, arrivait en bon ordre sur le pont, s arrêtait un instant devant la représentation nationale, qui saluait le drapeau de chaque corps, et, faisant une conversion à droite, se déployait sur le quai d*Orsay, pour aller repasser la Seine au pont des Invalides. En défilant sur le front des représentants, les gardes nationaux faisaient entendre le cri de vive rawcm6/ec nationale, auxquels bien des corps ajoutaient celui de vive la république I ('j. En général les compagnies d'artillerie et de sapeurs étaient en uniforme et se faisaient remarquer par leur bonne tenue; mais, k Texception des gardes nationaux appartenant aux villes , les autres compagnies offraient, ainsi que nous Favonsdéjà dit, une grande diversité de costumes les plus variés : beaucoup étaient en blouse, sans autre distinction des hommes de travail qu'une ceinture et une large bordure.

Bientôt ces gardes nationales regagnèrent leurs foyers, emportant comme souvenir de cette solennité, un drapeau donné par la représentation du peuple.

Mais comme le mouvement d'impulsion vers Paris ne s'était point encore arrêté, et que d'autres volontaires des milices départementales, en retard par le défaut de transport ou à cause

représentées à la grande revue, et si Ton calcule la faiblesse numérique des plus forts détachements de ;olontaires, on arriverait difficilement à compléter môme les cinquante mille. Nous publions, aux pièces justificatives, la liste de ces cent trente-sept villes ou communes, telle que nous la trouvons dans un recueil.

(*) L*auleurdela brochure la plus complète sur les journées de juin, M. l'avocat Pagès-Duport, dit seulement que le déBlé eut lieu aux cris mille fois répétés de Vive rassemblée nationale! Quoique la réaction dominât évidemment dans ce renfort accouru à la défense de Tordre, il est impossible qu'il y ait eu unanimité sur ce point. Bien des gardes nationaux des départements étaient d'ancieoa patriolea, qui croyaient avoir lait preuve de lèle en faveur de la république.

desdislaiicos, conlinuèrent à dobarquenle (oiis côtés, on se vît (innslanêcessilé d' organiser une seconde revne poiirle2juilIet. Ce jour-là, les ypidos nalionnles arrivées depuis le 28 défilèrent sur In place lie la Itévolulion, en présence du général Cnvaignac et d'une grande partie de la représentation nationale. Od remit à chiiqiie détncliementun drapeau et des exemplaires du décret portant qu'ils avaient bien mérité de la patrie.

Insensiblement tous ces gardes nationaux se mirent en route pour rentrer dans leurs foyers ; il ne resta plus à Paris que quelques cbcfs et ceui des volonlnires qui avaient ou undouble but en accourant à Paris.

C'était la troisième fois, depuis la révolution de 1789, que 1rs départements avaient envoyé à Paris des ganles nationaux : la première fois, pour assister à la grande fédération, la seconde, pour former le camp des vingt mille hommes ; la Iroisième pour comi)at(re l'insurreetion sans drafienu, comme le disait M. Sénard, Dnns les deux premières circonsl.mces, l'arrivée des volontaires de tous les déprîHements servit fk resserrer les liens qui rattachaient lesqunlre-vingt-trois fractions de la Franco en nn seul tout, et à renilre plus forte encore Yunilé indivisible votée par l'assemblée constituante.

Des vues bien différentes dirigeaient las meneurs de l'assemblée nationale et \3S journalistes qui les soutenaient, lorsqu'ils appelaient à Paris, en 1818, les gardes nationaux volontaires des départements.

Une sorte de conspiration contre la ville qiiî chasse les dynasties existait depuis longtemps : elle avait pour chefs les députés anciens comeiTalenr» de quelques villes du midi. Son organe avoué était le fameux journal rcaclionn.iire le Courrier lie ta (i'irondc, et cette feuille ne laissait perdre aucune occasion, surtout depuis la révolution de février, de peindre Paris sous les couleurs les plus noires, et comme exerçant la

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plus inf olérable tyrannie sur les départements. Pendant et après lecomlint, le langage de certains journaux royalistes publics dans les provinces ne l'avait point cédé en violence ni en provocations aux feuilles réactionnaires de Paris ; chacun de ces journaux s'efforça de gagner ses éperons en ampliûant encore les traits odieux répandus par ses amis de Paris, ou bien par quelque insinuation des plus malveillantes contre les démocrates de la capitale. Ce furent ces plumes trempées dans le fiel qui annonçaient par avance Tarrestation des chefs de la démocratie : Tune d'elles, n épargnant pas même les modérés de la commission executive, avait donné comme certaine la nouvelle Euivaute : « On assure que, dès le 24, MM. Ledru-Rollin et I^roartine auraient été victimes delà fureur populaire; on se serait emparé de leur personne, ajoutait charitablement cette feuille honnête et modérée, et ils auraient été trctnéx dans le ruisseau. »

Mais rien n'égalait la haine furibonde quo le Courrier de la Gironde exhalait par tous ses pores lorsqu'il s agissait de Paris ou des républicains de Paris. Tous les efforts de ses rédacteurs et de son patronage ne tendaient qu'à un seul but, relui de détacher les départements delà capitale: c'était là le vœu constant que ce journal et ses amis de Paris émettaient sans réserve.

Or, l'occasion de la lutte terrible qui s'était engagée au milieu do la ville maudite par les royalistes leur parut on ne peut plus favorable pour lui enlever cettesuprématiequi lui soumettait le resto de la France. Les meneurs fédéralistes se donnèrent la main de toutes les villes, et plusieurs d'entre eux vinrent à Palisavec les volontaires de la garde nationale, choisis parmi Téliledes h<»mmes dévoués aux anciennes traditions. Les concilia-; butes des ennemis de Paris commencèrent alors dans les murs même de cotte ville, à côté de la salle où siégeait la représenta-' tion nationale, si divisée d'opinions. '

Ce fut en ce moment qu'on lut, dans le ih^irrier de In 6*i-'

î» histoihe

ronde, l'arlicle suivant, propre à révéler les rayslèresde la conspiration fédéraliste :

« Paris, la ville infâme, la Gomorrhe moderne, la source de « touta nos calamités cl detontesms »mèrcs, Parisest en feu!... « les déparlcmcnlx de la France ne secoucronl-ils pas un jour ce « joug alisolu et odieux?... Paris n'est plus la Franco; Paris « n'est plus la nation. Paris a été sauvé le 16 avril et nousn « donné l'infamie; Paris a été sauvé le 15 mai; il nous a « donné la misère, le trouble, la trahison, la guerre civile, la « dictature I »

L'audace, le cynisme de ce langa^ie, joint a tout ce que le gouvernement put savoir ou deviner des manœuvres employées pour brouillerles départements de la France avec son centre et son cceur, le forcèrent de porter son alleolion sur ces coupables intrigues , dont le foyer principal, jadis à Bordeaux, avait été momentanément transporté à Paris même par la présence d'Qoe foule de chefs et de voloDtaires des gardes nationales. Le goiivémemeat resta convaincu que rien n'était plus vrai que celte conspiration fédéraliste; il put se convaincre desa gravité par les rapport qu'il reçut de toutes paris. Il ne s'agissait derien moins que de rompre les liens par trop intimes , disait-on, et trop resserrés qui liaient les déparlements à la capitale; de soush-aire ceux-ci à l'influence pernicieuse et révolutionnaire de cette ville, qui imposait sa volonté et jusqu'à ses caprices i tant de millions de citoyens gémissant sous le joug, et de fonder une sorte de gouvernement fédératif , dont chaque fraction eûtété soQveraine en matière administrative et financière.

Pour faire réussir ce plan, on comptait sur les conseils généraux des départements, composés encore d'aristocrates réac< tionnaires, unis entre eux par la haine commune qu'ils por- I talent à la ville du H février. Beaucoup des membres de ces conseils généraux avaient déjà été sondés à ce sujet ; on s'élaîl assuré du concours de leur influence locale.' On croyait le

gouvernement de la république trop maîtrisé par les circonstances, trop affaibli par les attaques incessantes dont il avait étéTobjetde la part de tous les organes du royalisme, pour qu'il pût empêcher la réalisation du rêve des ennemis de Paris, des ennemis de sa population démocratique et de la république. Le gouvernement n* eut pas besoin de beaucoup d'efforts pour déjouer ce complot, qui ne tendait à rien moins qu'A pri* ver la France de cette tête qui conçoit et dirige, de ce cœur qui renvoie par tous les artères la vie politique à toutes les sections, à tous les membres du corps social , de ce grand foyer qui anime et éclaire tout ce qui ressent, de loin commode près, son action viviBante et salutaire.

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