‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 19 sur 38 · v/cv " '^ .••'"• fx .•.: -.v · texte numérisé non relu

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dsi pârlementaim au prince Windisgraetz, qui leur demanda comme otages treize de leurs chefs tschèques. Le 17, une pêrtio de la garnison entra dans l'Âlstadt, le reste stationna d«?ant la yillei parce qu'il y avait aux environs beaucoup de payaami et de prolétaires qui voulaient venir au secours des TlohAques. »

CSomme on le pense « le congrès slave fut immédiatemen dissous, et ses membres transférés loin des frontières.

Quelques jours après, un journal annonçait que le prince Wiûdisgraets était nommé commissaire civil et militaire de Fragoe. On laissait sous ses ordres trente mille hommes de fnnipes destinées i comprimer la ville. C était la dictature accordée ao chef que Ton considérait comme le vainqueur d'vnc inaanreotion qu'il avait provoquée par ses actes. Ainsi» la mooârohie autrichienne 'récompensait Windisgraetz» non pasd'avoir vaincu l'insurrection, car le chef qui s'était vu forcé de quitter la ville avait été lui-même vaincu, mais d'avoir eu la barbarie de bombarder inhumainement et lâchement une population privée de canons, et qui se trouvait ainsi dans ralternative de se soumettre, après avoir chassé les soldats, ou de voir réduire en cendres une ville grande, riche et industrieuse.

Nul doute que si le mouvement démocratique de Prague u4t réussi, Ferdinand n'eût perdu sa couronne; car Vienne •e fàt immédiatement prononcée dans le même sens, et la Hongrie eût profité de ces circonstances pour se constituer indépendante. L'insurrection de Prague, étouffée sous les projectiles de Windisgraetz , l'espoir et le courage furent d'autant plus rendus à la cour d'Inspruck, qu'elle se montrait très-satisfaite de la conduite du cabinet français dans ICi lAifCB d'Italie» et que, d'un autre côté, elle savait l|!f une ftflnée russe se concentrait sur les frontières de h Voldavie.

Par une proclamation que l'empereur adressa i Ms fidèUt tiijels de la basse Autriche , FerdïnaDd annonçait que , nonobstant la constitution donnée à ses peuples, il déclarait consliluante la première diète qui serait élue en rertu d'une nouvelle loi électorale ('), et promettait d'aller faire en personne l'ouverture de cette assemblée nationale, pourvu que la tranquillité, l'ordre, la paix et la conciliation régnassent dans aa capitale.

Comme il y avait encore à Vienne bien des bons citoyens qui croyaient nécessaire la présence de l'empereur, (m calma leur impatience en annonçant que Ferdinand était forlemcnl indisposé, ce qui l'empêchait de se rendre aux vœux de ses fidèles Viennois; mais, pour suppléer à cette absence forcée, S. M. envoyait, avec de pléns pouvoirs . l'archiduc Jean , afin de gouverner en son nom jusqu'à ce qu'il plût à Dieu qua lui-même pût rentrer dans sa capitale.

L'archiduc installé ('), une proclamation vint apprendre aux Viennois que cet aller tgo se proposait de proléger eflicacement les libertés et les droits accordés au peuple. « J'ai le meilleur espoir, disait-il plus loin, de pouvoir rendre h mon gracieux empereur le pouvoir qu'il m'a confié après l'avoir fortifié par la tranquillité et le bien-être général. >•

On considérait assezgénéralement, à Vienne, l'archiduc Jean comme chargé du rôle de conciliateur entre les partis; on ne réfléchissait pas que sa mission devait être de comprimer l'esprit révolutionnaire et démocratique qui se faisait jour

(■) Le dnb âAmocntkpifl d« Tienne tenait de deotander an miRutn Pilhr iatS le ■uflï'me direct pour l'élection des membrea de PeiMmUée natkmal^ zmis ce miniitre Malt refiué.

(*] A peine fut-il inatallâ k Tienne, qu'on apprit qae l'ineiublée "utiiMiih de Francfort lenait de l'élire vieairt 4* l'twtfirt. Ces fooctioDS n'étaient qaa pnmaoirea et jusqu'à la oonatitntion définitive de l'Allemagne, qui, «n oe inllmi monent. marchait à pleinea wilea ven la démoentia.

partout, même dans la malheareuse ville de Prague. Aussi le ▼it-on caresser la garde nationale et lui faire donner du canon et des obus, tandis que les milliers d'ouvriers qui avaient si puissamment contribué au succès de la dernière révolution, n'avaient encore généralement que des bâches et des pelles, armes purement défensives. Il y avait dans ce fait une arrièrepensée qui se manifestait assez par les poursuites dirigées con > tre ceux qui s'avouaient républicains, et par le renvoi du ministre Wessenberg.

Le mécontentement du parti révolutionnaire éclata par un acte du Comité de Sûreté qui eut une grande portée. Ce comité, après avoir vu son action paralysée au point d'être considéré comme n'existant plus, se manifesta tout à coup par une déclaration, votée k la presque unanimité des suffrages, portant que le ministre Pillersdorff trahissait la cause de la liberté. Cette déclaration, appuyée par la presse tout entière, moins le journal officiel, encouragea le parti de la révolution. Le lendemain, 8 juillet, Y association démocratir que se rendit auprès de l'arcbiduc pour demander le renvoi du ministère. Les circonstances étaient difficiles; on pouvait craindre un soulèvement; aussi l'arcbiduc accueillit Civorablement la demande des démocrates. Le ministère fut renvoyé, et M. Dobelhof, présenté par l'association, fut chargé d'en former un nouveau. La cause principale de cette révolution des portefeuilles fut le mécontentement dee ouvriers, que l'on avait irrités par le renvoi de beaucoup d'entre eux, et par la réduction de leurs salaires.

Ce fut dans ces circonstances que l'assemblée nationale constituante se réunit à Vienne. Les révolutionnaires virent avec plaisir que le côté droit n'était occupé que par quelques députés galliciens, tandb que l'extrême gauche paraissait très-nombreuse.

En présence de ce résultat démocratique des élections de

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'Autrtcho, los réaclîonnaires voulurent tenter d'enrajer li grès des idées nouvelles. Â cet eflel ils ûreot aflîcherdes placanli dans lesquels on demandait la dissolution du comité de sArelé, sous prétexte qu'en présence de l'asseDiblée réunie, oelte mrU: d' aiseinliléi: ne pouvait être réunie plus longtemps. Coiniue la réaction s'appuyait sur les militaires, ollo avait asiûgné aui ofBciers le rôle d'aboyeiirt contre la mwwaixe prtsêse, Ma dool bien de ces mililaires s'ucquitlérenl dan» tuus les lieux publics où ils allaient traîner leurs gatires. En même temps, un faiait courir le bruit de l'arrivée à Vienne de Windisgraerx, te bonibardeur de Prague, et l'on ne craignait pas de dire bautemeat qu'une diclature militaire pourrait seule mettre un terme aoi agitations incessantes do la ville.

Toutes oes menées devaient nécessairement aboutir i ane levée de boucliers de la part des réactionnaires et dec roililaires. Mais le peuple et la garde nationale no donnèrent pas le temps aux aristocrates de mettre leurs projets à exécution. Dam la journée du 14 juillet, qui fut celle delà crise, les jeunes gens, les ouvriers et même la garde nationale se levèrent instantsûément comme un seul homme. Des cartouches furent distribuées, de fortes patrouilles circulèrent dans tous les quartiers, et foD visita même les campagnes, parce qu'on disait que de nombreux soldais y avaient été amenés. Un tel appareil de forces et l'attitude du peuple firent sans doute réfléchir les officiers qui s'étaient laissé entraîner par les réactionnaires civils. Ils firent même une âorto d'amende honorable, car, le lendemain, on vit de nombreux officiers de la ligue fraterniser solennellement avec les officiers de la garde nationale,

L'avortement de cette conspiration réactionnaire eut pour résultat de consolider le comité de sûreté; il déclara qu'il ne se dissoudrait point tant que l'assemblée nationale ne lui en donnerait pas l'ordre. Ce comité, création des journées des 15 et 16 mai, était, À bon droit, considéré par les patriote vïea-

nois comipe le palladium de la réyolutioQ ; aussi sa déclaratioq

^Velle accaeiUie avec eutbousiasme par tous les révoluUoa*

naires.

: Trois jours après, F Autriche apprenait qu elle avait un nou-

TOau cabinet , dans lequel figuraient le baron de Wessenberg ,

l€( iMUron Dobelbof, le docteur {}aoet autres ipinistres considérés

oomne dévoués k la cause de la liberté.

« Considérant que les vœux et les besoins de la pairie se réuniaaent avant tout dans raffermissement de la liberté oon- '^ise, portait la déclaration officielle du nouveau cabinet, Id ministère reconnaît pleinement la nécessité de faire jouir tontes les provinces de la monarchie des avantages de la liberté QQnstitutiQnnelle, et, en conséquence ,^ un de ses premiers actes sera de prendre toutes les mesures nécessaires pour atteindre oe but, En même temps, le ministère est entièrement convaincu que l'Autriche, comme sentinelle frontière de la civilisation européenne, doit rester grande, unie et forte ; mais pour qud ridée de la grandeur et de l'unité de l'Autriche, jointe à tontes les garanties de la liberté politique et nationale, devienne une vérité, il faut que le ministère ne fasse pas seun lepent des ^réformes politiques, mais encore des réformes adminiatratites les plus étendues (*). »

Malgré les promesses du nouveau cabinet, on ne tarda pas à raccuser de vouloir marcher sur les traces de son prédécesseur. En e0et , une mésintelligence éclata presque aussitôt entre ce ministère d'une part, le comité de sûreté et les clubs démocratiques de l'autre côté, et k la suite de ce désaccord, l'association démocratique fut dissoute.

Les révolutionnaires jetèrent les hauts cris« L'association

(1) Ptr ces mots : Réformée adminiiirativei, évidemmeot le ministère sutridbÊÊm n'enlendsit pas seulement imrler de modificatious apperlées dai*s l'adininîslraiion proprement dite, mais encore d'améliora tiens sooitles, telles qoe lee r49lan>sîant les socialistes de la France.

adressa au comité de sûreté une protestation énergîqae coDln sa dissolution, et se fît appuyer par la légion académique. D« nombreuses adhésions lui arrivèrent aussi de tous côtés ; on loi envoya même des députations, qui engagèrent les membres de i association à ne pas se considérer comme empêchée dans sei patriotiques travaux. Le peuple se montrait de nouveau agité, i-t les nouvelles qui arrivaient d'Inspruck n'étaient pas de nature à pouvoir le calmer. On disait que l'empereur était hmcontent de l'administration de l'archiduc Jean, et qu'il avait blâmé surtout la nomination du nouveau ministère. On assurait encore que Ferdinand, encouragé par la camaritla et pir l'ambassadeur de Russie, voulait nommer un conseil denin gence et changer encore une fois son cabinet; et con)ai«^OT| s'obstinait h ne pas vouloir revenir k Vienne, le ministère," BTant de donner sa démission, Qt voter à l'assemblée un« adresse pour solliciter son retour.

Quoique les démocrates se tinssent en dehors de toutes ces sollicitations, ils n'en suivaient pas moins les résultats arec anxiété. Us voyaient les esprits très-irrités contre l'empereur, et ils ne doutaient pas qu'on marchait vers une catastrophe. ■ Si l'empereur ne se rend pas au vœu que va lui exprimer la députation de l'assemblée nationale, disait un journal de Vienne; si sous huit jours on n'obtient pas un résultat satisfaisant à cet égard, le ^OMi-'emeweJK/jroi'/soirtf sera proclamé; Câr tout est prêt, tout est prévu ; le ministère se retirera et l'assem blée nommera un gouvernement. »

En présence de ces dispositions bien arrêtées dans l'esprit de tout le monde, l'empereur, mieux conseillé, prit enfin le parti de retourner k Vienne avec sa cour. Il y arriva le 12 août; mais l'accueil réservé qu'il reçut dans celte capitale lui Ql prendre la résolution d'aller résider à Srhœnbrunû, où il parât vivre étranger ani affaires publiques.

« Le vieil empereur, tombé eo enfance , disait nn joarwl

•008 la rubrique de SchœDbrunn, se promène avec Técharpe nationale allemande, sans escorte, sans cour, sansétiquelle; i. aalue les Viennois du sourire de l'idiotisme, indifférent à ce qui 86 passe autour de lui, heureux seulement et étonné de se voir caressé ; tandis que dans la grande ville, prolétaires et démocrates minent son trône par un travail incessant. »

S*il était exact de dire que l'empereur était devenu étranger aux affaires, il n'était pas moins vrai que la camarilla s'agitait dans rombi*e pour amener une contre-révolution avec le •ecours des militaires.

L'armée était en effet l'ancre de salut de la monarchie au- Aichienne, et les efforts des réactionnaires avaient pour but incessant d'entretenir la mésintelligence entre les troupes et lee populations. Malgré le simulacre de fraternisation, la haine dee officiers pour les démocrates devenait chaque jour plus profonde. Elle se fit jour dans un grand dîner militaire qui eut lien i Prague. Ce repas, semblable en tout i celui de Tonngerie de Versailles, du V octobre 1789, fournit aux officiers autrichiens l'occasion de mettre i nu leurs sentiments. On y Int des vers intitulés : Ymii d'avertissement. « Attendez que nous ayons fini en Italie, y disait-on ; nous nous rendrons alors i Vienne, où nous nous vengerons de l'affront que nous

ont fiit les étudiants et la garde nationale Nous rendrons i

notre empereur son sceptre brisé, car, hors de t absolutisme ^ point de salut. »

En même temps que les militaires exhalaient ainsi leurs prétendues rancunes contre les révolutionnaires , les chefs civils delà réaction s'efforçaient d'engager la garde nationale dans nn conflit contre le peuple et surtout contre les ouvriers, de* reaus turbulents k la suite des décisions relatives aux salaires. Le 19 août, l'empereur passa une grande revue de cette garde nationale, an milieu de laquelle on fit défiler les troupes. ; Les réactionnaires ayant été satisfaits de l'accueil fait à Ferm- 46

dinand, crurent que le moment était favorable à leurs vues.

De ce moment, on s'attendit à une levée de boucliers de la part des royalistes ; l'agitation ne cessa de régner dans la ville. Il fallut déployer des forces pour maintenir la tranquillité. Les démocrates s'apercevaient que le grand parti révolutionnaire se fractionnait, et que les bourgeois de la garde nationaU semblaient revenus à leurs vieilles déférences pour le pouvoir. Toute la journée du 2S août, cette garde bourgeoise fut chargée de contenir l'irritation des ouvriers ; elle y réussit sans effusion de sang.

Mais le lendemain ceux-ci promenèrent dans les principaux quartiers delà ville, un mannequin représentant le ministre des travaux publics Schwartzer; et pour qu'on ne se méprit pas sur le caractère de leur manifestation, ils placèrent ctRf kreutzers dans la bouche du mannequin, faisant ainsi allusion à l'arrêté qui fixait à cinq kreutzers le prix de la journée de travail. Les réactionnaires, à l'affût des occasions, lancèrent contre ces promenades tumultueuses, mais au fond inoffensives, d'abord la garde municipale qui, par son zèle outré, provoqua un conflit, et amena sur les lieux la garde nationale. Des ouvriers jusque-là trnntjuilles accoururent au secours de leurs camarades, a On en vint plusieurs fois à des engagements sanglants, qui, suivant l'opinion publique, disait la correspondance do Vienne, auraient pu être évités. Beaucoup de victimes tombèrent. Les gardes munici|)aux, les cuirassier? et la garde nationale parvinrent enfin à faire mjner l ordre. ^

Ainsi que cela se voit toujours en pareil cas, le pouvoir m liàta de profiter de ces déplorables événements pour fiapj. les libertés publiques. Le ministère chancelant, et menace ■ céder la place aux disciples de Metternich, déclara que le o.»mité de sûreté était dissous, de même que toutes les autrs commissions extraordinaires nées de la révolution du mois «Ifmai. Lo pouvoir, assuré dès lors du concours collectif de la

garde nationale , considéra la révolution comme vaincue. En effet, la journée du 23 août avait été, pour les révolutionnaires de Vienne et de TAutriche, ce que la journée du 16 avril 1848 fut pour la démocratie française; un grave échec, amené par des démonstrations d'ouvriers mal appréciées, et que les menées de la réaction avaient fait dévier.

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