I CHAPITRE XV
Coup d'trâl général surU Eàtuation de l'Europe. — Les rota M relèvent elMfJMÏVfnk- EGOt. — CircciDsInnce qui les enipfche de fitire une pampagne ponlre les lilÇes fninîn- ■ee. — La tigiie royalisle continue i foactioiiDtir ea Frenc«. — EIIk t't)Kin»rtrtià\'wOa^ nlslralii'u d« la république. — Kilc ifpousse le iiroji-l de loi sur rii>stnii:lic)o *lil)*rt par le ministre Camot. — Alarmée répandues pur la r^ction. ^ ProHamadmili préfet de police k ce sijjul. — Ëyâtëme de dËnt^remt^nl cootre te« l'Épnblicaiiiï.— Ls rÉsclionnBires repousseni \f. projet du loi eur l'inElruclinn publique élaborS par 1t BtloiiUe Cartuii. — Quetlion de la grahiilé^de l'aoseignenml dans les «coles pnlfipMtque et mililaire. — Grands (<ébats à ce sujet. — Le projet esi vivement comb«tlii p«r la ligue de la rue dol^iitien. ~- Le ministre de la guerre modifie iob pnii*t.-~A n'admet la gratuitâ qu'à partir du I" nclobie ISbO. — La loi esl vol6e avec ces modiAcalons. — Hemanlement minislériel. — U. Marr^ préiident de l'assamblée M> bonafe. — Ecbec épiouve par la réunion du la rue de Poitiers, — Le CoiulifufiM- MJ se plaint de ce que le gouvernement laisse de câtâ les républicains du lendemain. — Projet de loi contre les clubs prësenlâ par le ministère. — Il est cbange complM» ment par la conunission, — Grands df bats sur ce projet de loi. — Les clubs sont rifitmenids. — Pr iiii-.st.nl ion conlrt- i-i.-lic' l(>i. — Lettre du citoyen Louis Bonaparlu. — Il doDoe sa démission de reprëseniant da peuple. — Croix de juin. — Rapport deU. Tbiers sur les finances,— Réponse du citoyen Proudbon. — Ordre du jour sur tes réformes qu'il propose.
En examinant attentivement la situation où se trouvait l'Earope au mois de juillet 18^8, il était facile de résumer ainsi cette situation : tous les rois, après avoir ret^senli la commotion partie de la France en février, s'élaient raffermis sur leurs trônes chancelants, et paraissaieut prêts à ouvrir une campagne destinée à combattre les principes révolutionnaires. Si ces rois ne se liguèrent pas ouvertement contre la France républicaine
pendant Tété de 1848« et s'ils ne lancèrent pas immédiatement leurs soldats sur le Rhin, c'est, d'un côté, qu'ils n'avaient pas encore complètement réglé leurs affaires intérieures, et , d'un autre côté, c'est que l'Agamemnon de la nouvelle croisade se trouva fortuitement sous l'empire d'une circonstance bien grave, indépendante de sa volonté. Une épidémie cruelle , le choléra , ravageait . alors l'empire moscovite, et menaçait de sévir dans toute l'Allemagne. En présence de ce jQéau dévastateur, le czar ne crut pas qu'il fût opportun d'entrer en campagne ; et la croisade contre le foyer des révolutions fut ajournée à des moments plus propices. En attendant, il fut convenu que chaque potentat continuerait à renforcer son armée, sauf & donner au gouvernement français le change sur ces armements : les prétextes ne leur manquèrent pas ; et d'ailleurs le cabinet du général Gavaignac se montra facile, car en ce moment-là il mendiait les reconnaissances officielles qui devaient réconcUier les rois avec la France révolutionnaire. Le triste et misérable dogme professé sous la monarchie de Louis-Philippe : chacun pour soi^ chacun chez lot, était de nouveau substitué à la fraternité des peuples.
Aussi la république française n'était-elle plus redoutée de personne. Toutes ses forces, le gouvernement les employait contre l'intérieur, et principalement contre la ville de Paris, coupable au dernier chef d'entretenir dans son sein le feu sacré do la liberté. On ne songeait qu'à embastiller, qu'à entourer d'une ceinture de fer, qu'à garrotter le foyer des révolutions ; et lorsque, dans la séance du 11 juillet, l'assemblée vota qu'une armée active de cinquante mille hommes au moins serait réunie à Paris ou dans les environs, jusqu'à ce qu'il en fût autrement ordonné, toute la horde des contre-révolutionnaires poussa un cri de joie. Ce décret passa comme un ordre du jour de la place.
« Si quelqu'un jadis, dans les assemblées de noire pre-