‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 8 sur 38 · TOME m · texte numérisé non relu

TOME m

tn âlSTOIRB

FoÉdant.oes déployables altërcatkms, qui lietaidaieal riM>- <!Dmpii8S6in6nt de ht sainte mission, ajoute le niàme junratonr, te prélat chercha vainement k calmer F irritation des parti; ses paroles se perdirent au milieu du bruit qui régnait çntie les deux barricades, théâtre de plus d'une collision indiriduelle. Tout à coup, on entendit la détonation d'un fusil, suifi presque immédiatement d'une décharge (^). Les insurgés, w^ posant une trahison, crièrent : Aux barricades! Voyant que' la place se remplissait de troupes, ils se mirent à tirer sur les iS» saillants ; ce fut ainsi que le combat recommença plus vif qiy jamais : F archevêque et les représentants se trouvèrent exposés aux coups des troupes.

Toutefois , le sifflement des balles n'arrêta pas le missicM^ naire ; il continuait à pénétrer lentement dans le fauboniff, lorsque, arrivé devant la porte du n* 24, il s'arrêta tout à ooQpf chancela et ne put terminer la phrase qu'il venait de comtnM* oer. Le citoyen qui l'avait précédé, s'élance auprès du pitiat, qui lui dit, en se laissant tomber dans ses bras : Je sois blessé I En effet» une balle venait d'atteindre l'archevêque, dans les reins, et la blessure était mortelle I

a Rendons justice à tout le monde, dit un journal religieux qui a publié aussi une relation de cette triste catastrophe, les insurgés se précipitent à son secours, ils l'environnent de soins, le transportent respectueusement à T hospice des Quinie- Yingts, et lui constituent une garde (^). Us font plus, ils re-

(') Pendant que les trois représentants pénétraient dans le faubourg aveo le prélat, un autre représentant, le citoyen Bcslay s*était aussi approché des rjarricadcs et cherchait à paricmeiitcr avec les insurgés. Il a raconté lui>mèmc, que, ne pouYant se faire entendre, il eut la malheureuse idée d'ordonner an tambours placés près de lui de faire le roulement, ce qui fut cause que le fea recommença du côté des troupes.

(*) L'archevêque, après avoir obtenu que son vicaire général, M. Jacquemet, se rendit auprès de lui, apprit avec une résignation toute chrétienne que sa blessure était mortelle. «Que Dieu, dit-il, accepte le sacrifice que je lui oflfre

cueillent les signatures de tous les témoins oculaires, pour attester que ceux à qui s'est adressé le prélat n ont point tiré sur lui : ils tiennent infiniment à ce que ce fait sf)it bien constaté.»

Mais ce que cette relation ne dit pas, c'est que, parmi les insurgés accourus pour soutenir le prélat, trois furent frappés par des balles venant du même côté, et qu'ils tombèrent morts h ses pieds ; une autre balle perça le vêtement de son introducteur (') , le porteur du rameau, qui était un caporal de la 3' légion, du nom d'Albert, déguisé sous une blouse, afin de pouvoir remplir sa mission.

« Si r archevêque eût pénétré seul et immédiatement dans le fiînbourg, a dit un écrivain qui s est fait en cela F interprète de la pensée de tout le monde, il eût sans doute accompli fructueusement sa mission, sans le moindre danger pour sa per-

pour le salut de ce peuple égaré!» On le transporta le lendemain, à Tarchevêché : le faubourg qu'il fallut traverser était tout entier sur pied; le peuple 1'aoconi|>agna avec les démonstrations les plus touchantes de vénération et de respect. Le digne prélat mourut le surlendemain de 8a blossure.

(1) Cette circonstance des trois insurgés frappés à côté de Tarchcvôque, circonstance que nous trouvons consignée dans le livre le plus grave et le mieux renseigné (les Fastes de la Garde nationale)^ nousparait cuncluuntesur la question de savoir d*où «st paiti le coup qui a moriellenionl blessé rarcli«nvqu«i di.' Paris. Quelques porsunnes, de bonne foi sans doui(\ (<ii|*rét«Midn «pio la ballo était partie des premières fenêtres du faubourg; ils se lundtntsur oo qut» cette balle a porté de haut en bas. Mais outre qu'il est ditticile d'admettre qu«>. les tirailleurs des fenêtres aient pu assez obi i(iuer à gauche ou à droite pour tirer à revers, et qu'il est absurde de supposer qu'ils aient tiré sur leurs propres frères, reoipressementdes insurgés ù faire constater, non pas, comme le dit lejourmd religieux^ que le coup n'a pas été tiré par ceux à qui l'archevi'que s'est adressa, mais bien que le coup n'a pus été tiré du côte des insurges; rei enipressoii.tiii ei ce certificat sont i>éremptoires ùnosyeux^ D'autres écrivains se sont encore foudés sur ce que la première barricade ne permettait pas aux balles venant du dehors de porter sur la rue du faubourg. Alais, outre que le terrain va en s'iucliDant à partir de la hauteur de la colonne, il ne faut pas perdre de vue que le premier soin des généraux fut de taire occuper les maisons opposées à l'entrée du faubourg, et que les soldats tiraient de tous les étages.

sonne. Un excès de zèle, une cnrioeité déplacée de h part des assaillants ont amené F un des plus tristes épisodes de cette déplorable guerre civile. »

En effet, l'empressement des insurgés h accueillir le prélat, était de bon augure pour le succès de sa noble mission : Far* chevéque blessé, il devait nécessairement résulter de cet é?énement déplorable une irritation plus grande encore de part et d'autre. Cette irritation se manifesta dans le combat de la soirée, et ce combat acharné ne cessa qak la nuit.

Vers les huit heures, le général Lamoricière était retourné, de sa personne, sur le boulevart du Temple. La fusillade avait continué sur tous les points attaqués de ce fiiubourg, et, i la nuit, les troupes n'étaient encore parvenues qu'aux abords du canal.

« A huit heures et demie, liton dans les Fastes de la Garde nationale^ le général Lamoricière se trouvait, avec un grand nombre d'officiers, au café Armand, qui fait face à F entrée du faubourg du Temple, quand on lui amena un parlementaire des insurgés. C'était un jeune homme en blouse et en casquette. — «Citoyen général, dit-il avec assurance, mes camarades et moi, nous sommes disposés à abandonner nos barricades, à la condition que nous pourrons rester chez nous sans être faits prisonniers. » — Le général, après avoir lu au jeune homme la proclamation du général Cavaignac, répondit que les insurgés devaient $e rendre à discrétion. — « A discrétion ! s'écria l'ouvrier ; quant à moi, ça ne me va guère. Enfin, j'en parlerai aux camarades, — « Dites-leur aussi que la garde nationale et les troupes sont fortes et bien pourvues de poudre et de plomb. — «Si vous avez de la poudre et des balles, nous n'eu manquons pas non plus, » répliqua tranquillement le jeune parlementaire, qui retourna vers ses camarades et ne reparut plus.

« Peu de temps après, ajoute le même narrateur, le feu re-

Page 1