CHAPITRE SIXIÈME
« Le citoyen Clément Thomas : Nous allons reprendre nos travaux sous la protection de la garde nationale de Paris tout entière.
« Tous les gardes nationaux : Oui ! oui ! Vive V Assemblée nationale ! vive l'Assemblée nationale!
« Un officier de la garde nationale : Déclarez que la garde nationale de Paris est décidée à ne pas déposer les armes tant que la sûreté de l'Assemblée nationale sera menacée.
« Tous les gardes nationaux : Oui ! oui !
« Le citoyen Tréveneuc, au milieu du bruit : Je propose à l'Assemblée de décider que la garde nationale, la garde mobile et l'armée ont bien mérité de la patrie. (Oui! oui!)
« Le citoyen Ray nal [Théodore] : L'Assemblée nationale déclare qu'elle mourrait à son poste plutôt que d'abandonner le droit qu'elle tient de la souveraineté populaire. Le devoir des représentants du peuple est de mourir pour la nation; s'ils meurent, d'autres les remplaceront. (Bravo!)
a (Le citoyen Crémieux, ministre de la justice, monte à la tribune, et essaie en vain de se faire entendre au milieu du bruit.)
« Le citoyen Clément Thomas, de sa place : Citoyens, je suis entré ici dans ce costume par Tordre du président de l'Assemblée nationale; je suis investi du commandement de la garde nationale de Paris. (Applaudissements dans les rangs de la garde nationale.)
« (En ce moment le citoyen Lamartine, membre de
la Commission exécutive, entre dans la salle. Il est accueilli parles cris nombreux de Vive Lamartine ! vive la République !
a Sur l'invitation du président, les gardes nationaux qui occupaient une partie des bancs les plus rapprochés de la tribune et les couloirs de droite et de gauche, se rangent en cordon tout autour de la salle. Les citoyens représentants , dont le nombre s'élève environ à deux cents, reprennent leur place.
« Le citoyen Lamartine monte à la tribune ; le citoyen Grémicux y reste à côté de lui, et le citoyen Ledru-Rollin, membre de la Commission exécutive, vient également se placer à ses côtés. Plusieurs représentants les entourent.
« Sur Tordre du président, les tambours de la garde nationale battent un ban. Le silence s'établit; et le citoyen président donne la parole au citoyen Lamartine.)
« Le citoyen Lamartine : Citoyens, le premier devoir de l'Assemblée nationale, rentrée libre dans son enceinte à l'ombre des baïonnettes, c'est de voter la reconnaissance à la patrie, à la garde nationale de Paris. (Longues acclamations. — Oui! oui! Vive la garde nationale /)
« Les citoyens gardes nationaux : Vive l'Assemblée nationalo ! vive la République!
« Le citoyen Lamartine : C'est de voter le9 remercîments de la France à la garde nationale de Paris, à la garde mobile. (Nouvelles acclamations.)
« De toutes parts : Oui, à la garde nationale ! à la garde mobile ! à l'armée !