CHAPITRE SIXIÈME
« Le citoyen Lamartine : Mais nous manquerions au premier de nos devoirs si dans cette reconnaissance publique nous ne signalions pas une partie, la principale, l'immense majorité de la population de Paris, qui a été indignée des scandales qui ont un moment déshonoré cette enceinte, et qui s'est soulevée tout entière pour rétablir l'assiette de l'Assemblée nationale et de la patrie.
« Les citoyens gardes nationaux : Vive l'Assemblée nationale ! Nous mourrons pour la patrie !
a Le citoyen Lamartine : Mais, citoyens, dans les circonstances urgentes où nous sommes places, la tribune n'est pas la place de l'homme politique que voua avez désigné avec ses collègues pour veiller au salut de la patrie. (Bravo! bravo!) Sachez bien, citoyens, que si cette compromission momentanée, malheureuse, que dis-je, peut-être heureuse (Mouvement)
car elle sera l'occasion ( Interruption). Sachez que
si cette compromission momentanée do l'indépendance de l'Assemblée nationale a affecté la garde nationale tout entière, elle n'a pas moins affecté l'immense majorité de la population de Paris qui se pressait autour de vous pour une pétition, et qui rougissait d'avoir envahi votre enceinte et d'avoir profané la représentation nationale. » (Bravo ! bravo ! Vive Lamartine l Vive la République !)
« Citoyens, pendant qu'un gouvernement de faction, pendant qu'un gouvernement de parti, substitué pour un instant à la grande et unanime expression de l'élection universelle du peuple, va chercher ailleurs un
siège de gouvernement qui se brisera sous ses pieds
(Oui! oui!)
« Tous les gardes nationaux : Nous y allons, nous y allons, nous allons partir pour l'Hôtel-de-Ville!
« Le citoyen Lamartine ; Je ne vous dirai pas que les moments sont précieux, car j'ai, comme vous, la confiance et la conviction que, plus le peuple de Paris . aurait de temps pour réfléchir, plus il rougirait de l'attentat commis contre l'Assemblée nationale. (Oui, oui ! vive la République!) En présence du malentendu terrible qui pourrait s'élever entre les départements isolés dans leurs représentants, et Paris, gardien de la sécurité de l'Assemblée, il faut aviser. (Oui, oui!) Eh bien ! nous allons, nous, au nom du Gouvernement que vous avez proclamé il y a peu de jours, nous allons assister, par l'unanimité de la garde nationale, el de la garde mobile, et de cette armée qu'il est impossible de séparer... (Bravo! bravo!); nous allons nous réunir à l'instant, non-seulement moi, mais, je n'en doute pas, ceux-là mêmes que des choix irréfléchis... (Interruption) ; nous allons nous réunir avec les membres du Gouvernement, qui, tous, je n'en doute pas, sont animés des mêmes sympathies, des mêmes sentiments que moi, avec ceux-là mêmes que le choix des factions aurait déshonorés ; nous allons ratifier au plus tôt l'acclamation que vous avez faite du brave chef de la garde nationale que vous avez nommé. (Bravo ! bravo ! — Vive Clément Thomas) ! Citoyens, encore un mot, un seul motl
a Dans un moment pareil, le Gouvernement n'est plus