‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 2)Chapitre 107 sur 164 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

son honneur, s'unir à un coup de main contre l'Assemblée nationale qui l'avait élu ! Exaspéré , il déclara qu'on ne le mènerait pas vivant à l'Hôtel-de-Ville, prêt à se brûler la cervelle, si la violence ne cessait.

MM. Ledru-Rollin et Lamartine s'étaient rapidement concertés pour se rendre à la mairie de Paris à la tête de la garde nationale, de la mobile et des troupes, précédés par le général Fouché.

Un seul incident regrettable avait suivi immédiatement la reprise des travaux de l'Assemblée. Des gardes nationaux de la i™ et de la 10* légions s'étaient laissé emporter à des actes de colère furieuse contre le général Courtais ; fatigués d'une attente de quatre heures l'arme au bras, attribuant à la trahison les conséquences d'ordres mal compris par le chef de la 1" et lentement exécutés par la 10% ayant le sentiment des fautes commises, ils rejetaient sur le commandant général seul la responsabilité d'événements que l'occupation du pont et un plus prompt rassemblement des gardes nationaux auraient pu prévenir, tout autant qu'une plus rapide arrivée du général devant l'Assemblée.

Il ne fallait qu'une étincelle pour mettre en feu ces mauvaises dispositions. Un mot malheureux du général Courtais les provoqua, un mot heureux les eût apaisées.

Les gardes nationaux et mobiles encombraient les bancs et se pressaient dans l'encein le, où lebruitet leur

présence empêchaient de nouveau la reprise des délibérations. Le général Gourtais, mû par une pensée bien naturelle mais inopportune et maladroitement exprimée, leur cria : a Je vous somme de vous retirer, afin que les représentants puissent reprendre leur délibération. » A ces mots mal interprétés, on se précipite sur lui ; l'un lui arrache son épaulette, un autre son épée, celui-ci sa croix ; les baïonnettes se croisent sur sa poitrine. Un meurtre va ternir la répression. Le sang que la foule en délire n'a pas versé, la garde nationale va le répandre. M. Fi tz- James (Charles), soldat de la 1" légion, voit le péril, s'élance courageusement devant le général, le couvre, et reçoit, en les détournant, deux coups de baïonnette, qui fort heureusement ne lui font que de légères blessures. Le géuéral est arraché par MM. Fitz-James, Thénon, Flocon, Vieillard et quelques gardes nationaux, aux furieux qui le poursuivent. Il est poussé des couloirs dans une salle voisine. Bientôt après, il revient bravement, en homme sûr de sa conscience, se présenter à la garde nationale, qui l'arrête.

Lorsque Huber prononça ces mots sacrilèges :

a l'Assemblée est dissoute ! » il y eut un moment de stupeur parmi les chefs de clubs. M. Blanqui regarda la pendule, constata qu'il était quatre heures, se dit en lui-même : a Voilà une grande bêtise qui se fait en ce moment !» Et il répétait à haute voix : « Mais c'est de

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