‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 2)Chapitre 11 sur 164 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

dieux mensonges, le temps précieux que son service réclamait tout entier. (Applaudissements prolongés) D'ailleurs, pourquoi m'en cacherais-je?je me suis surtout inquiété de sauver la Révolution et Tordre. J'ai voulu conserver à la victoire populaire sa grandeur, sa pureté, sa portée sociale. J'ai voulu aussi, en la défendant contre les pièges et les attaques de la réaction, la mettre à l'abri contre les violences d'ambitions ou d'impatiences dangereuses.

« Ainsi, lorsque, répondant à une démarche imprudente, la population de Paris, tout entière, est venue, sans armes, presser le Gouvernement provisoire de ses flots pacifiques, je me suis associé sans réserve à cette solennelle démonstration (17 mars); mais, le jour où quelques fous ont essayé de pervertir le sens et le résultat d'une manifestation pareille (16 avril), je n'ai point hésité à les combattre de front. C'est par mon ordre que le rappel a été battu et que la garde nationale, qui maintenant est le pays, s'est levée pour se confondre avec les citoyens qui n'étaient pas armés, et protester contre toute tentative violente. (Trèsbien! très-bien!)

« Cette révolution, loin d'être de ma part un effort, n'a été que la conséquence des principes qui m'ont toujours guidé, même dans l'opposition. A mes yeux, ce n'est point dans l'ombre, c'est au grand jour que s'élaborent les idées destinées à conquérir le monde. Aussi inflexible contre les ambitions qui provoquent les coups de main que contre les réactions qui enchaînent le mouvement révolutionnaire, j'ai toujours cru

que l'homme d'Etat devait marcher d'un pas ferme entre les rêves des utopistes et des sectaires et la ténacité rebelle des intérêts égoïstes... »

Dans la matinée du 8, les représentants sont, dès la première heure, au palais de l'Assemblée. L'animation des physionomies révèle l'importance de la séance. On s'amasse par groupes dans la salle des conférences, on parle, on écoute, on discute; puis, peu à peu, cette foule disparaît, chacun se rendant au bureau indiqué à la hâte par quelque représentant de son opinion.

De ces diverses réunions celles des 14 e et 17 e bureaux sont les plus nombreuses. La première est présidée par M . Martin (de Strasbourg) ; la seconde, par M. Trélat. Dans celle-ci on remarque MM. Barbés, Etienne et Emmanuel Àrago, Xavier Durrieu, et les républicains les plus prononcés de l'extrême gauche. La forme du pouvoir exécutif intérimaire, le nombre et les noms de ses membres sont débattus avec une grande vivacité. Plusieurs représentants demandent le maintien du Gouvernement provisoire. Enfin, après avoir longuement examiné toutes les combinaisons et les chances de succès, ces deux réunions inspirées d'un profond sentiment de conciliation adoptent, à la presque unanimité : des remerciements au Gouvernement provisoire; la formation d'une commission de pouvoir exécutif composée de cinq membres ; la can-

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