CHAPITRE S1XIKMK. SftS
tion est un crime! Il faut se décider, il faut être pour ou contre! » Puis il lui soumit ce plan hardi qu'il exécuterait sous sa seule responsabilité et que lui , Caussidière, pourrait désavouer s il échouait : marchera la tète de la garde républicaine, joindre une force armée à la force populaire maîtresse de l'Assemblée ; saisir, au nom du salut public, tous les représentants réactionnaires. Gomme la veille, Caussidière repoussa ces propositions et resta inébranlable, préférant garder une espèce de neutralité armée. Seulement il songea à augmenter ses forces ; vers deux heures, il envoya Tordre aux porteurs et aux forts des halles de se rendre immédiatement près de lui, et il fit militairement garder les abords de la préfecture de police.
Entre quatre heures et demie et cinq heures, une centaine de clubistes accourent annoncer la dissolution de l'Assemblée, la formation d'un Gouvernement provisoire où figurait le nom de Caussidière, et réclament des armes. Une explosion frénétique éclate, les cris de : Vive Earbès ! vive Blanqui ! vive le Gouvernement provisoire! retentissent dans toutes les cours. Mais Caussidière, pressé, acclamé, persiste plus que jamais dans sa réserve. Il recommande l'inaction la plus absolue, l'immobilité dans les murailles de la préfecture. « Je suis ici comme préfet de police, » répliquait-il à un de ceux qui lui montraient son nom sur la liste du nouveau gouvernement. « Lors-
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que je recevrai des ordres d'un pouvoir constitué, je verrai ce que j'aurai à faire; pour l'instant, retirez-vous. »
Mais il n'était pas le maître absolu de ses Montagnards. Malgré ses prescriptions , un détachement , croyant que Blanqui était ou se rendait à l'Hôtel-de- Ville, sortit pour le joindre. En passant devant le poste de la garde nationale du Palais-de-Justice, ce détachement répondit par des menaces et des cris de : Vive Blanqui ! vive Barbés! aux cris de : Vive l'Assemblée nationale! Sur le pont au Change, se trouvant en face de la garde nationale et des dragons commandés par le colonel Goyon, il mit, un instant, en joue le colonel. Mais le colonel fît un mouvement en avant et la lutte allait s'engager, lorsque M. Grevât , averti et autorisé par le préfet, accourut leur transmettre l'ordre exprès de rentrer. Le détachement fit demitour, et le conflit sanglant fut évité.
Le soir, les hommes d'action, qui, repoussés de l'Assemblée et de l'Hôtel-de-Ville et furieux de leur insuccès, aspiraient à une revanche et au combat, se réfugièrent de toutes parts à la préfecture de police, dont la garnison fut ainsi considérablement augmentée.