‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 2)Chapitre 120 sur 164 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

Fin de la séance d'après le Moniteur. — Réunion de la Commission exécutive et

du Conseil des ministres : la Commission executive reprend le commandement général dei forces ; elle remplace le général Tempourepar le général Bedeau; démission de M. Guinard ; lettres de M. E. Adam et du maire du IV* arrondis, sèment, plaintes sur l'état de la préfecture de police ; la Commission exige des explications du préfet, qui envoie an Luxembourg des prisonniers. — Préparatifs de lutte à la préfecture de police ; M. Caussidière est mandé auprès de la Commission exécutive; il s'y rend malgré l'opposition de ses amis; conférences; M. Caussidière retourne à la préfecture. — Le club Blaoqui est fermé; Blanqui se dissimule ; Flotte sonde le terrain. — Récits de Yillain. — Épisode du passage Molière. — MM. Barbe», Albert, etc., conduits à Vincennes. — MM. Courtais, Raspail, Sobrier.— Situation de Paris pendant la nuit. — Proclamation de la Commission exécutive.

En attendant le retour du président, retenu au Luxembourg auprès du Pouvoir exécutif pour délibérer sur les mesures d'ordre, le citoyen Corbon, qui venait de déployer autant de présence d'esprit que de dévouement, présidait l'Assemblée. L'animation y était extrême ; chaque représentant était encore sous l'impression des sensations qu'il avait éprouvées, et qui n'avaient fait que surexciter ses aspirations et ses passions politiques.

Après le départ de MM. Ledru-Rollin et Lamartine

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pour l'Hôtel-de- Ville, l'Assemblée, sur la proposition du ministre de la justice, avait voté la permanence à l'unanimité et aux cris de Vive la République!

Nous allons assister à la fin de cette mémorable séance.

M. de Charencey demande qu'une Commission d'enqiiète soit nommée (de toutes parts : Non, non!) ou que des injonctions soit immédiatement données à la Commission exécutive pour qu'elle découvre et fasse connaître la vérité.

Le ministre du commerce réclame avec vivacité en faveur de l'initiative de la Commission exécutive, à laquelle l'Assemblée doit donner de la force et des moyens d'action. Il explique le mouvement de la journée A l'instant même où la manifestation arrivait sous les murs de cette enceinte, quelles étaient les paroles qui retentissaient dans celte même enceinte? Celles d'un orateur qui demandait des secours pour la Pologne. Or, que demandait-on du dehors? des secours pour la Pologne : « Croyez-le bien, citoyens! Je pense qu'il serait politique de le dire tout haut : l'immense majorité des citoyens voulaient faire une manifestation légale et régulière. » (Mouvements en sens divers.)

M. Degousée justifie les dispositions prises par la présidence et la questure, et demande que la Commission exécutive soit invitée à procéder à la réorgani-

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sation de l'état-major général de la garde nationale, et de la préfecture de police! (Appuyé, appuyé.)

M. Léon Faucher demande la mise en accusation de MM. Barbés et Courtais.

M. Berryer fait adopter la reprise de l'ordre du jour. Mais le ministre des finances démontre l'impossibilité d'une discussion immédiate sur la Pologne : a Nous ne pourrions pas déclarer que nous voulons la guerre, parce que nous aurions l'air de voter sous l'action de la peur de l'anarchie ; nous ne pourrions non plus déclarer que nous ne voulons pas la guerre, parce que nous aurions l'air de voter sous l'empire d'un sentiment indigne de nous... » (Très-bien! très-bien!)

M. Wolowski approuve et renonce à la parole.

. La proposition de suspendre la séance pendant une heure est rejetée.

Un représentant entre en ce moment dans la salle, parle à quelques-uns de ses collègues, et, sur leur invitation, monte à la tribune. Il dit : « On nous donne comme certaine l'arrestation des citoyens Barbés , Blanqui, Raspail » (Bravo! bravo!)

« Le citoyen Lignier : Le commandement général a été remis entre les mains du lieutenant- général Fouché. La Commission exécutive a pris toutes les mesures nécessaires pour la sécurité la plus complète de la ville et de l'Assemblée.

« Le citoyen Bûchez : La Commission exécutive et tous es ministres se sont réunis au Luxembourg. Ils avaient jugé utile, dans ce grave moment, de concentrer toutes les forces de la France dans le même

palais. J'avais donc été chargé de réunir l'Assemblée dans l'ancienne Chambre des pairs. Il parait, citoyens, que vous avez décidé que vous resteriez ici. » (Oui, oui !)

Sur la proposition de M. Latrade, la Commission exécutive est priée de se rendre dans le palais de l'Assemblée nationale.

M. Jules Favre dit qu'il vient de parcourir Paris : dans les rangs de la garde nationale, de la garde mobile et de l'armée, il n'a entendu qu'un cri : Vive l'Assemblée nationale ! Il exprime l'intention du gouvernement de se tenir en communication incessante avec les représentants.

Il est décidé que l'invitation à la Commission exécutive lui sera adressée par un message.

« Le citoyen Berryer : C'est précisément parce que cette enceinte a été violée que nous ne devons pas en sortir. Tous les corps de l'état doivent y être réunis. »

L'autorisation demandée par M. Portalis, de mettre sous la main de la justice MM. Barbés et Courtais, est combattue par MM. Théodore Bac, Latrade, Détours, Raynal, et appuyée par MM. Quentin Bauchart, de Dampierre. La chambre vote leur maintien en état d'arrestation.

« Le citoyen Garnier-Pagès : Dès le matin, connaissant les desseins de certains agitateurs, nous avions donné immédiatement au ministre de l'intérieur l'ordre de suivre et d'arrêter les factieux. Toutes les mesures d'ordre que nous avions pu prendre n'ont pas été complètement exécutées suivant notre volonté et notre désir.

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