CHAPITRE SEPTIEME
a Mais, du moment où nous avons su qu'une foule menaçante circulait sur les boulevards et voulait faire insulte à l'Assemblée nationale du peuple, qui est le seul peuple que nous devons reconnaître (Bravo! bravo!), nous nous sommes immédiatement divisés en deux parties. Trois d'entre nous sont venus siéger au milieu de vous. Deux sont restés au Luxembourg, siège de la Commission du pouvoir exécutif, et là, immédiatement, nous avons donné des ordres à tous les maires, à tous les colonels, à l'état-major de la garde nationale, pour que le rappel fût à l'instant battu et que des mesures fussent prises pour sévir contre ceux qui non-seulement oseraient se conduire d'une manière factieuse, mais qui voudraient lutter contre le souverain, le souverain que représente ici l'Assemblée (Applaudissements).
<t Citoyens, nous avons donné Tordre à l'instant , quand nous avons su qu'une foule factieuse avait voulu envahir, avait envahi l'Assemblée, que quelques insensés avaient voulu déshonorer la tribune ; alors même nous avons donné l'ordre de concentrer autour de l'Assemblée nationale des forces suffisantes, des forces considérables ; et cette brave garde nationale n'a pas manqué à l'appel que nous lui avons fait ; elle s'est rendue de tous les côtés autour de cette Assemblée pour faire respecter et l'Assemblée et les décisions que vous pou viez prendre (Très-bien).
« Nous nous sommes mis en rapport immédiatement avec le commandant de la division militaire, avec tous les centres d'action. Dès une heure, nous avons transmis
au commandaut de la division militaire le commandement de la .garde nationale et de toutes les forces qui pouvaient véritablement défendre et soutenir l'indépen- ' dance de la souveraineté de l'Assemblée.
«Nous avons pris ces mesures; mais ce n'est pas tout. Il y en a d'autres à prendre. D'une part, nous vous déclarons que nous sommes décidés à obéir à l'Assemblée nationale dans les ordres qu'elle voudra bien nous transmettre ; et, d'autre part, le pouvoir dont vous nous avez investi, dont vous nous avez honoré, ce pouvoir, nous nous en servirons pour sévir avec vigueur, comme nous l'avons dit dans une proclamation hier, contre ceux qui ont consommé l'attentat. (Vives marques d'approbation).
« Le citoyen Aylies : Et les clubs?
« Le citoyen Garnier-Pagès : Les clubs qui ont conspiré sont fermés. (Marques d'assentiment). Nous respecterons le droit de réunion , car c'est au droit de réunion qu'est due la glorieuse révolution du 24 Février; mais des clubs qui se réunissent en armes, qui menacent sans cesse d'envahir l'Assemblée nationale, ceux-là nous les dissiperons (Très-bien !). Nous les poursuivrons Applaudissements). Nous sommes décidés à donner de l'énergie au pouvoir (Très -bien!), ou nous donnerons notre démission.
« Voix nombreuses : Vous ne la donnerez pas.
« Le citoyen Garnier-Pagès : Nous avons agi avec énergie, nous continuerons d'agir avec la même énergie. Oui ! nous voulons tous une République ferme, honnête et modérée. (Bravo ! bravo î)