‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 2)Chapitre 126 sur 164 · CHAPITRE SEPTIEME. 28T · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIEME. 28T

« Aussitôt que j'en ai été informé, j'ai cru devoir, en ma qualité de représentant, les faire venir dans une chambre, et faire appeler le citoyen Albert près de l'adjoint. Ils y sont dans ce moment-ci. Je les aurais rendus immédiatement à la liberté, parce que je ne crois pas qu'il dépende d'aucun de nous de violer, dans la personne d'un de ses collègues, le caractère d'inviolabilité qui appartient à l'Assemblée nationale; mais j'ai craint que, dans l'état d'exaspération où se trouvaient en ce mdînent les esprits, s'ils avaient été reconnus, ils ne fussent exposés à des périls trop certains. Ces deux citoyens sont dans ce moment-ci encore à l'Hôtel-de- Ville. Je prendrai à cet égard-là les mesures que l'Assemblée nationale jugera à propos d'ordonner.

a Pluneurs voix : C'est déjà fait !

M. Landrin obtient l'autorisation de poursuites contre M. Albert, après des réserves faites par M. Flocon contre les sentiments de réaction.

« Le citoyen Marie: Les portes de la justice

vont s'ouvrir. Laissez-nous maintenant accomplir nos devoirs: nous allons, nous, membres de la Commission exécutive, nous rendre au Luxembourg et commencer les investigations auxquelles nous devons nous livrer; et soyez sûrs qu'une réparation éclatante ne manquera pas à l'Assemblée nationale. (Immenses acclamations. Bravo).

« Nous vous demandons maintenant la permission de nous retirer et de faire notre devoir pour la répression contre l'attentat, comme nous l'avons fait pour empêcher l'attentat. (Nouveaux applaudissements. ) »

L'Assemblée vote à l'unanimité et par acclamation un décret pour déclarer que la garde nationale, la garde mobile et la troupe de ligne ont bien mérité de la patrie. Des remerciements sont adressés aux délégués des départements, qui se sont mis à la disposition de l'Assemblée, et aux élèves des écoles.

« Le citoyen de Montreuil... Il y a une parole que j'ai entendue tomber de cette tribune. On a dit qu'à côté de la répression il fallait craindre la réaction : eh bien ! je le déclare, dans notre pensée, il n'y a pas de réaction possible. (Non ! non !) nous voulons tous la République démocratique et populaire.

« De toutes parts : Oui ! oui ! très-bien !

« Le citoyen de Montreuil : Lorsqu'on nous parle de réaction on nous jette dans un inconnu que nous n'aborderons jamais. Nous sommes venus de nos provinces avec l'intention de donner à la victoire du peuple un cachet indélébile, pour confirmer cette victoire et non pour la combattre. Maintenant je dirai : la journée est bonne, car le triomphe de l'ordre c'est le triomphe de la liberté. » (Très-bien I)

Le président propose et l'Assemblée accepte le renvoi de la séance au lendemain 10 heures et la reprise de l'ordre du jour interrompu.

La séance est levée à 9 heures 10 minutes.

A la sortie, des vivat s'échangent entre les représentants et les gardes nationaux.

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