CHAPITRE SEPTIÈME
« L'opinion publique accuse la préfecture de police» dit M. Garnier-Pagés a de n'avoir fait aucun effort pour empêcher l'envahissement de l'Assemblée. Ses Montagnards y ont été remarqués, non parmi les modérateurs, mais parmi les excitateurs; ils sont allés à la Chambre, non pour la préserver, mais pour la violenter. Contrairement aux avis du préfet, à ses affirmations delà matinée, la démonstration prétendue pacifique a été criminelle. Blanqui et ses adhérents, au lieu d'être suivis et arrêtés, ont pu librement usurper la tribune. Enfin, l'Assemblée, justement irritée, réclame la destitution du préfet. »
M. Caussidière répliqua que jamais il n'avait dissimulé qu'il n'était pas le maître absolu de ses Montagnards, parmi lesquels Blanqui comptait de nombreux sectaires. Aussi en avait-il souvent sollicité la réorganisation : « Je n'ai pas envoyé de gardes républicains à l'Assemblée, précisément, je f'avoue, parce que je craignais leur contact avec la manifestation. Si j'avais pu marcher à leur tête, je les aurais peut-être contenus. Moi absent, ils auraient pu fraterniser avec elle. J'ai cru agir mieux en les renfermant dans la préfecture. »
Alors M. Caussidière fit, énergiquement, en son langage accentué et pittoresque, l'énumération des services qu'il disait avoir rendus à la République pendant près de trois mois, passant presque toutes les nuits au travail et ne cessant de donner des avis, soit sur l'intérieur de Paris, sort sur les départements. Il se plaignit des luttes qu'il avait eu à soutenir avec le maire de Paris. Il développa longuement cette pensée, souvent émise, qu'il avait été forcé de faire de l'ordre
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avec du désordre, et finit en disant qu'il était prêt à resigner ses fonctions.
La conférence terminée, le préfet alla dans la salle voisine attendre le résultat de la délibération de la Commission exécutive.
L'arrestation immédiate de M. Gaussidière fut proposée et combattue.
La circonstance est critique et demande une détermination subite, disait M. Marie. Le préfet sympathise, s'il ne pactise avec les envahisseurs. La préfecture de police est un foyer d'insurrection, au lieu d'être un centre de répression. Éteindre ce foyer, est un devoir. Il faut frapper un coup hardi, sinon la sécurité de la République ne sera jamais rétablie.
La nécessité du changement de préfet ne fut pas un seul instant contestée. Mais fallait-il procéder sur-lechamp par une destitution et une arrestation ? N'était-il pasmieux de provoquer une démission? N'allait-on point, par l'arrestation, susciter, la nuit même, cette guerre civile que, jusque-là, on avait eu le bonheur et l'habileté d'éviter? L'enlèvement de la Préfecture de police par la garde nationale et par les troupes pourrait-il s'effectuer sans une lutte acharnée ? C'était peu probable ! La démission, au contraire, était certaine. Pourquoi donc précipiter un dénoùment qui paraissait infaillible?
<( Persistons, ajouta M. Garnier-Pagès, dans le système suivi par le Gouvernement provisoire, le 16 avril, et par nous-mêmes dès la première heure : opposer a une foule une plus njande foule, à un