‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 2)Chapitre 130 sur 164 · CHAPITRE SEPTIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIEME

nombre un plus grand nombre, cerner un mouvement par un mouvement plus développé, étouffer une manifestation par une manifestation plus éclatante, c'est vaincre sans verser le sang, c'est la victoire sans la bataille I Ce système nous a bien réussi aujourd'hui même à l'Assemblée, à l'Hôtel -de-Ville; pourquoi ne pas le poursuivre jusqu'au bout? Faisons entourer la préfecture par des bataillons nombreux, sans chercher à y pénétrer. Attendons, l'arme au bras, son évacuation par les Montagnards. Ils oseraient se défendre, ils n'oseront pas attaquer. Quant à M. Gaussidière, son arrestation serait-elle suffisamment justifiée? Non. Car, s'il est resté dans une attitude douteuse, du moins il n'a commis aucun acte public de rébellion. »

La prudence conseillait le moyen pacifique, puisque la réalisation du but était assurée. Trois voix contre deux décidèrent que l'on procéderait par voie de conciliation.

M. Gaussidière put retourner, avec le colonel Mercier, à la préfecture de police. Pendant leur absence, il y avait régné une fiévreuse impatience. Les uns exhalaient bruyamment leur rage, les autres chargeaient silencieusement leurs fusils. Les plus intrépides proposaient de faire une sortie et de pousser jusqu'au Luxembourg. Un plus long retard, et l'explosion éclatait. Leur retour calma cet accès de colère, sans mettre un terme à l'agitation.

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Le club Blanqui voulut tenir séance, afin de constater son droit. Mais le local avait été fermé par une centaine de gardes nationaux exaspérés. Une visite domiciliaire, chez M. Blanqui, n'eut aucuu résultai. Tandis que Blanqui se dissimulait, M. Flotte, son second, circulait partout, sondant le terrain, à l'Hôtelde- Ville, à la préfecture de police, où Gaussidière, malgré les ordres d'arrestation, ne pouvait que le faire surveiller. Ses affîdés étaient sur tous les points où il y avait surcroît d'effervescence.

La Société des Droits de l'homme tombaitsous lecoup de l'arrêté du Pouvoir exécutif, qui avait ordonné la fermeture des clubs armés. Devançant le commissaire de police, l'état-major de la garde mobile, siégeant au Palais national, avait fait faire une perquisition dans les appartements voisins, occupés parle comité de l'association. L'officier chargé de ce soin n'y avait plus trouvé que des indices significatifs mais peu importants: des capsules, des moules à balles, des traces de poudre, des plans de Paris signés, et quelques papiers qui furent remis dans trois cartons et portés, la nuit même, au Luxembourg. M. Villain avait, le matin, je l'ai dit, achevé son déménagement en prévision des événements.

Vers dix heures, il avait porté chez lui les papiers qu'il voulait préserver, etau passage Molière une dizaine île fusils. Un habitant de ce passage, le voyant des-

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