‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 2)Chapitre 136 sur 164 · CHAPITRE HUITIÈME. 3H · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME. 3H

prudence. Si vous n'avez pas confiance en nous, nous nous retirerons.

<( (Un grand nombre de voix réclament l'ordre du jour ! Les citoyens Dornès et Sarrans demandent la parole pour l'appuyer.

« Un grand nombre de représentants entourent le citoyen Garnier-Pagès et paraissent faire des efforts pour le calmer.)»

Les membres de la Commission exécutive étaient profondément blessés. M. Garnier-Pagès, ne pouvant maîtriser son irritation, s'écriait de sa place : « On veut nous pousser à user de la force, à susciter la guerre civile, à ensanglanter la République. Nous ne le voulons pas. t>

La pression que l'on tentait d'exercer sur le Gouvernement et la fausse position dans laquelle on essayait de le jeter furent comprises de l'Assemblée ; les membres de la droite sentirent qu'ils avaient été trop loin ; et l'ordre du jour fut adopté à la presque unanimité : cinq ou six membres seulement se levèrent à la contre-épreuve. Ce vote fut suivi d'applaudissements.

Après le renvoi à divers comités de propositions de circonstance, présentées par M. Billault et vivement combattues par M. Jules Favre, la séance fut suspendue. — Une heure moins le quart.

M'2 COMMISSION EXÉCITIVE.

M. Caussidière n'ayant pas encore paru à l'Assemblée, la Commission exécutive, de retour au Petit Luxembourg, s'empressa de donner de nouveaux ordres afin d'étouffer sous un entassement de forces toute velléité de résistance de la préfecture. A la masse des bataillons qui l'enveloppaient, elle ajouta des détachements considérables de toutes les légions, la deuxième légion presque entière. A deux heures, treize bataillons de la garde mobile, stationnés aux Champs- Elysées, remontaient les quais vers la préfecture. Près de vingt mille hommes la cernaient. Toute tentative de lutte devenait insensée.

Le préfet de police, pour être maître de ses décisions, avait prudemment allégé sa garnison. Il avait congédié les forts de la halle, au dévouement desquels il se fiait peu, et renvoyé à leur caserne, rue Saint-Victor, le corps le plus indiscipliné, les Montagnards ne conservant que 1500 hommes, sur lesquels, quoiqu'il décidât, il pouvait absolument compter. Tout à coup il se détermina à tenir l'engagement, pris envers la Commission exécutive, de se rendre à l'Assemblée. I ly arriva peu après la reprise de la séance.

* La Commission exécutive le» Qt sur-le-champ envelopper par 2.000 homme* des 10« et II' légion».

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