CHAPITRE HUITIEME
par leurs tentatives anarchiques et anti-sociales; les autres, par de sourdes excitations, par des manœuvres corruptrices, au profit de restaurations impossibles. »
Le général de division, Eugène Cavaignac, fut appelé au ministère de la guerre ; à la préfecture de police, M. Trouvé-Chauvel, député de la Sarthe, où avaient été élus successivement MM. (iarnier-Pagès ainé et Ledru-Hollin.
Les projets de loi portes à l'Assemblée nationale, le 17, donnèrent aussitôt lieu à une nouvelle manifestation des députés de la droite contre la Commission du pouvoir exécutif. L'urgence de ces projets étant réclamée, ils voulurent les assimiler à toutes les propositions faites en vertu de l'initiative individuelle des députés. Le règlement, voté la veille, exigeait pour ces propositions : l'appui de cinq membres au minimum ; la fixation d'un jour pour l'audition; la délibération, au jour désigné sur l'admission en principe; et enfin, en cas d'admission, le renvoi à une commission ou à un comité, sauf le cas d'urgence qui devait être annoncé la veille et compris dans l'ordre du jour.
MM. Bénard, Duvergier de Hauranne et Vivien soutinrent avec énergie l'assimilation. Elle fut énergiquement combattue par les ministres, MM. Gréraieux, Flocon, Trélat, Jules Favre et par M. Ferdinand La teyrie.
« ...J'ai entendu, » dit M. Trélat, « avant-hier, ceux
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qui avaient violé l'Assemblée dire qu'ils ne voulaient plus de pouvoir exécutif. Ce que j'ai entendu avanthier, je ne m'attendais pas à l'entendre aujourd'hui. »
A M. Vivien qui affirmait « qu'il ne s'agissait que d'un délai de trois jours, » M. Garnier-Pagès répliquait : « En trois jours la République peut périr. »
Cette exclamation avait fait sensation. La discussion se passionnait. M. Jules Favre indigné s'était fait rappeler à l'ordre pour une interpellation trop vive à la droite. Le président fut obligé de se couvrir et de suspendre la séance.
Après une suspension de dix minutes, M. Jules Favre proposa un ordre du jour motivé qui déclarait la non-assimilation.
M. Dupin aîné réclama une nouvelle rédaction du règlement pour les projets présentés par le Gouvernement.
M. Marrast soutint l'ordre du jour motivé : « Est-il pos&ible que vous puissiez appliquer aux projets de décrets du Gouvernement un règlement qui dit que les propositions doivent être appuyées par cinq membres, la lecture à un jour désigné, etc. ? est-il possible que vous compreniez qu'on puisse gouverner un instant, accepter une minute le pouvernement avec des conditions semblables? Vous destituez votre Commission exécutive; faites-le hardiment. J'aime bien mieuxqu'on dise franchement, nettement : « Nous n'en voulons pas, nous la voulons à d'autres conditions. » Mais qu'on ne vienne pas la taquiner, la tirailler par toutes ces discussions. »