CHAPITRE PREMIER
de l'Assemblée «t aux détails immenses de leur administration ; que les rapports du pouvoir exécutif avec l'Assemblée seraient plu3 intimes, la pensée du Gouvernement plus homogène et plus visible, la direction de ses actes plus haute, l'expédition des affaires plus rapide et la responsabilité plus concentrée, avec une commission de cinq membres.
« Dans le système contraire voici ce qui a été répondu :
a L'Assemblée actuelle réunit tous les pouvoirs, l'exécutif aussi bien que le législatif et le constituant. Tant que la constitution n'aura pas organisé, divisé et défini les pouvoirs, ils demeureront, entre les mains de la représentation nationale indivisible et solidaire, dans le sein puissant de son unité. Elle retient tout ce qu'elle doit retenir ; elle délègue ce qu'elle ne peut empêcher de déléguer; et elle se rapproche de son origine. Elle s'assimile à son essence, en transmettant diversement une portion de cet immense pouvoir qui lui a été transmis directement à elle-même par le peuple. »
Après cet exposé, le rapporteur donne lecture d'un décret conforme à la seconde proposition. Ce décret est accueilli par de vives marques d'approbation.
Les deux premiers orateurs inscrits, MM. Vignerte et Durrieu, combattent résolument le principe de la nomination directe, et penchent pour le maintien du Gouvernement provisoire.
M. Lherbette réplique qu'il ne s'agit pas de maintenir mais de rétablir. Si l'Assemblée recule devant
une nomination directe, elle fera un acte de faiblesse. Il s'indigne contre toute tentative d'intimidation venant du dehors. (Explosion de rumeurs à gauche.)
M. St-Gaudens conseille de suivre, pour la délégation de ce pouvoir intérimaire, la voie même qu'elle tracera pour la délégation du pouvoir définitif. Il appuie la proposition Dornès en l'étendaDt à dix membres.
M. Charamaule approuve les sentiments de conciliation et d'abnégation. Mais il soutient chaleureusement le projet, dont l'adoption est déjà préjugée par le choix de quatorze membres contre quatre.
M. Bac : « Nous nous connaissons à peine, attendons ! Le Gouvernement provisoire représente les circonstances au milieu desquelles il a été formé. Il répond aux besoins de ces circonstances. Nous avons déclaré hier qu'il avait bien mérité de la patrie, à la presque unanimité, sans discussion , sous l'élan de la reconnaissance que nous avions dans le cœur. Gonservons-le tant que les mêmes circonstances subsisteront... »
M. Vésin croit que la proposition d'une commission executive est faite dans le but de résoudre une question de personnes et de conciliation, et d'atténuer certaines influences qui peuvent éveiller des inquiétudes. Mais le résultat désiré ne sera pas obtenu. La difficulté ne sera que reculée.
M. Jules Favre élève la question, en écartant toute personnalité. C'est au nom des principes et des idées pratiques qu'il parle. Et il proclame a la