‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 2)Chapitre 141 sur 164 · CHAPITRE HUITIKM K · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIKM K

des dispositions moins belliqueuses, sinon plus bienveillantes.

XÏV

Le président, amené de nouveau à donner des explications sur les contre-ordres de rappel, fut accueilli, non plus par les murmures de l'avant-veille, mais par une approbation venue de toutes parts : « Citoyens, je m'adresse à vos consciences. J'avoue qu'ayant été trois heures immobile à mon poste, ayant fait tout ce que ma conscience me persuadait de faire, ayant la convielion de m'être conduit non-seulement en digne président de cette Assemblée, mais en honnête homme, j'ai été étonné des attaques dirigées contre moi.

« Il s'agissait de gagner du temps... Entouré d'hommes en armes, vous le savez, ma voix n'a pas faibli un seul instant, mon regard n'a pas changé, mon cœur n'a pas battu. C'est vrai !) Eh bien ! j'ai pensé à une seule chose, c'est l'immense responsabilité dont j'étais chargé vis-à-vis de la France, vis-à-vis de l'Kurope, vis-à-vis de vous-mêmes... J'ai pensé que, si la mise hors la loi des hommes qui ne défendraient pas de battre le rappel était mise aux voix, avec cette masse furieuse, folle, qui nous entourait, des excès individuels, énormes, pouvaient être commis. J'avais entendu désigner autour de moi un grand nombre de membres, plus de quarante, qui étaient ici présents et dont je pourrais montrer les places.

<t Ce que j'ai fait, j'ai cru devoir le faire. Je l'ai fait

avec la conscience d'un honnête homme. (Très-bien ! très -bien !)

« Et si l'Assemblée n'était pas contente de mon explication... (De toutes parts : Si ! si !)

« je donnerais ma démission.. .. (Non ! non !) »

M. Etienne Arago put aussi repousser sans exciter de murmures d'injustes soupçons et démontrer avec quelle énergie il s'était opposé a la violation de l'Assemblée.

M. Cherras, également attaqué pour sa sortie de l'Assemblée lorsqu'il allait au Luxembourg prendre et recevoir les ordres de la Commission exécutive, ne rencontra qu'un contradicteur qui, le lendemain, se rétracta.

M. Clément Thomas lut ensuite cette adresse des colonels et des lieutenants -colonels des dix-huit lé-

eions de la Seine :

« Citoyens représentants :

a Vous avez déclaré que la garde nationale a bien mérité de la patrie ; ses chefs librement élus vous en remercient en son nom.

(l La garde nationale, armée pour la défense de ia République démocratique, a compris son devoir. Vous avez été témoins de son élan spontané, quand il a fallu étouffer la tentative insensée de quelques factieux qui auraient châtié ceux-mêmes qui les suivaient, s'ils avaient connu leur perfide dessein. (C'est vrai !)

« La Représentation nationale peut compter surl'appui que nous prêterons toujours a l'œuvre qu'elle est appelée à fonder ; résolus à la protéger contre l'anarchie,

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