CHAPITRE HUITIEME. :as
régulier ont été portés par les factieux sur leurs listes ; si les membres du Gouvernement n'ont pas cru devoir repousser cette insulte à la loyauté de leur situation et à leur honneur, c'est parce qu'ils en ont fait justice par le mépris... «(Très-bien ! très-bien! applaudissements.) »
M. Caussidière, dans une proclamation affichée le 16, disait :
« Union ! confiance ! ordre et dévoûment ! voilà nos devoirs à tous ! Comptez sur moi, comme je compte sur vous. Vous étiez avec moi sur les barricades de la liberté, je serai avec vous sur les barricades de Tordre.
<c Laissons à la justice son cours régulier contre les vrais coupables !. Appliquons-nous tous de notre côté à ramener une foule égarée, des ouvriers trompés, un peuple séduit par des idées généreuses.
« Tant que l'autorité agira (et comptez-y I) pour contenir les perturbateurs, appliquons-nous à éclairer les intérêts, à pacifier les esprits, et dans cette épreuve pénible notre Révolution, notre République, sortira, croyez-moi, victorieuse ! »
M. E. Thoré, rédacteur en chef de la Vraie République, reniait de la manière la plus absolue toute participation à la journée du 15, par une note insérée en tête de son journal.
«iOMMISSlO.N LXfcCl TIVt.
« Le nom de notre collaborateur Proudhon, » dit Le Représentant du 17, a a été mis sur une liste de gouvernement, à son insu. On a vu, par nos deux derniers numéros, combien nous désapprouvions la manifestation proposée et les motifs de cette manifestation.
« Tous les organes du socialisme s'étaient trouves d'accord pour blâmer la manifestation avant qu'elle lût faite. Ils ont blâmé plus fortement encore les funestes entreprises dont elle a été le prétexte. Les premiers ils ont avance tout ce que de semblables tentatives pouvaient avoir de funeste pour la cause du prolétariat..... »
M. Proudhon, dans ses Confessions d'un Révolutionnaire, dit : « Pour moi, convaincu de l'inutilité, encore plus que de l'impuissance de nos armes pour le succès de la Révolution, je n'avais point hésité à me prononcer, dans Le Représentant du Peuple y contre la manifestation du 15 mai. Je ne croyais pas que la France, embarrassée de cette fatale question du prolétariat qui ne pouvait, ne voulait, ne devait souffrir d'ajournement, fût en mesure d'esquiver la solution et de porter la guerre quelque part que ce fût.
« Malgré mon opposition, publiquement exprimée, à la manifestation du 15 mai, je fus désigné à l'Hôtelde-Yille, pour faire partie du nouveau gouvernement. J'ignore à qui je fus redevable de ce périlleux honneur... Mais je ne puis m'empècher de penser que si, dans la
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matinée du 15 mai, j'avais publié le quart du discours de M. Wolowski, j'aurais été infailliblement arrêté le soir, conduit à Vincennes, traduit devant la cour de Bourges, et puis enfermé à Doulens, pour m'apprendre à avoir des idées exactes sur la politique d'intervention et de neutralité. 0 justice politique! revendeuse à faux poids ! qu'il y a d'infamie sous le plateau de ta balance !..
oc Ainsi la réaction se déroulait avec la régularité d'une horloge et se généralisait à chaque convulsion du parti révolutionnaire. »
J'ai déjà cité les paroles de Villain apprenant l'envahissement de l'Assemblée : « On ne sait pas le mal que cela peut faire à la République » et celles de Louis
Blanc. « J'affirme que, dans cette Assemblée, il n'y
a pas un seul représentant qui ait vu cette manifestation avec plus de douleur que moi, etc., etc »
M. Guinard, dont la loyauté a toujours été aussi incontestée que son amour pour la République, disait devant la cour de Bourges: «J'ai eu une conversation avec Barbés, quelque temps avant la journée du 15 mai. Je dois dire que Barbés, dans cette circonstance-là, avait exactement la même conviction que moi, c'eslà-dire que l'Assemblée nationale devait être l'arche sainte, qu'elle était l'élue du suffrage universel, qu'elle procédait de la souveraineté du peuple ; et que le premier devoir de tous les républicains, à l'époque où nous étions, était de la défendre envers et contre tous. Aussi Barbés ne pouvait pas avoir dans cette circonstance la moindre intention de violer la souveraineté i. 22
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du peuple qui est notre boussole depuis que nous avons l'âge d'homme. »
M. Blanqui : «... J'ai vu la manifestation avec une très-grande contrariété, une très-grande inquiétude... Il est vrai que je suis allé à cette manifestation en haussant les épaules et comme faisant une chose qu'on ne peut pas éviter. Je suis entré; j'ai vu que l'airaire était gravement compromise, que c'était une chose bien funeste que de pénétrer dans une assemblée malgré elle, que tout cela ressemblait fort à une violentation ; et je voyais bien que cela pouvait nous mener à un résultat fâcheux. Mais que vouliez-vous que j'y ûsse ? On n'est pas maître des mouvements populaires. On est souvent amené à jouer un rôle qui n'est rien moins que politique et sérieux. Eh bien ! telle a été ma position. Je déclare qu'elle a été aussi peu sérieuse qu'elle a été presque ridicule, car enfin on n'est pas un homme politique lorsqu'on se laisse ballotter comme un enfant et porter comme une espèce de mannequin.. ... On m'a dit de parler et j'ai fait un discours et je l'ai fait mécontent, je l'avoue, porté malgré moi à la tribune.
« En descendant de la tribune, j'ai été m'asseoir à côté d'un représentant, et là je suis resté spectateur impassible de toute la scène que vous avez entendue si souvent dérouler devant vous. J'ai vu tout cela, et je le répète, en haussant les épaules, en me désolant, en disant: où cela va-t-il nous mener?... On sait comment ces choses-là commencent, on ne sait pas comment elles finissent... Arrive Huber qui monte à la