CHAPITRE Ht'ITlKMK
Il n'est pas de condamnation plus éclatante, de flétrissure plus sanglante de la violation do l'Assemblée, que celles infligées par les deux violateurs de la tribune, le 15 mai. Ces aveux arrachés par l'évidence du mal à la conscience réfléchie de ces chefs de clubs, ces stigmates volontaires dispensent de tout commentaire.
Sur quel parti l'histoire dans son impartialité doitelle faire peser la responsabilité du 1 5 mai ? Consultons les documents, examinons les hommes !
L'enquête 1 faite à cette époque, espèce de réquisitoire contre la République et les républicains, dont les sommaires dénoncent les traces de certaines pièces disparues et dont le fiel se distille à chaque page, œuvre désapprouvée ou reniée depuis par des membres de la Commission dont la loyauté est publique, mais qui, entraînés par les circonstances, ont cédé involontairement aux impressions du moment, l'enquête a recueilli ce témoignage du préfet de police:
Sur 140 arrestations relatives au 15 mai, on comptait:
Parti Barbés 45
Parti Henri V 36
Parti Bonapartiste .... 58 Parti Régence 1
« Tome I", paife 361.
m COMMISSION EXECUTIVE.
En ces temps de liberté, nulle opinion n'était persécutée; chacun pouvait, sans crainte, avouer ses préférences et dire ses aspirations. Les individus seuls, qui, chefs de clubs ou agents secrets, avaient besoin de feindre, se couvraient d'un républicanisme ardent ou d'un socialisme avancé.
Mais, tout d'abord, le premier fauteur de la manifestation, le président du Comité centralisateur, le directeur du cortège, l'homme qui prononça le mot Dissolution, Huber, Huber, dont le dossier à la préfecture de police fut révélé au procès de Bourges par le secrétaire général, de quel parti était-il alors l'agent? Il est difficile de prononcer. Pour découvrir ses mobiles, il est nécessaire de se rappeler qu'en tout temps il est des provocateurs de complots, qui, sans rétribution fixée à l'avance, sans ordre, spéculent sur les conspirations qu'ils organisent et se livrent ou poussent à des actes dont ensuite ils réclament récompense. C'est ainsi que les pièces révélatrices ont fourni la preuve que Huber s'était offert à la police de Louis-Philippe, qui, au lieu de le récompenser, le laissa subir sa peine. Et n'est-ce pas en faisant valoir des services antérieurs qu'il obtint du Gouvernement qui survint après 1848 sa sortie de prison et les avantages qu'il espérait t
Le procès de Bourges a mis en évidence d'autres faits qu'il faut relever brièvement pour jeter une nouvelle lumière sur d'autres organisateurs de cette démonstra-