‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 2)Chapitre 146 sur 164 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

tion et sur la moralité ou le mobile de leurs intentions.

Landolphe, vice-président du club de la Révolution, ami de Barbes, expliquait ainsi les sentiments qui avaient pu porter M. Blanqui à se mêler à la manifestation du 15 mai : « Blanqui savait qu'une accusation formidable pesait sur sa tête. Il voulait se sauver à toui prix. 11 voulait tout faire sauter, dût-il sauter avec! »

On sait que Barbes avait accusé publiquement Blanqui d'être l'auteur d'une pièce révélatrice sur le mouvement de 1839, et que cette conviction de Barbés, bien ou mal fondée, mais formelle, le porta à prendre dans l'Assemblée et à l'Hotel-dc- Ville , en opposition à Blanqui, la direction d'un mouvement qu'il avait vivement combattu.

L'avocat général au procès de Bourges, M. de Royer, citant Bormes comme l'un des plus exaltés à l'Assemblée et comme s'étant installé secrétaire général du nouveau Gouvernement à l'Hôtel-de-Ville, dit : « Dans une pièce qu'il a imprimée et publiée, Bormes se présente comme une victime du régime déchu et comme l'un des fondateurs de la République. Au contraire, dans les papiers saisis chez Vidocq, à qui il les avait remis, se trouvait une manifestation en faveur de la Régence.

« Il vous a dit ici qu'il avait écrit des lettres à la préfecture de police, antérieurement aux journées de juin, pour dénoncer le plan que formait, disait-il, un nommé Lacambrc. Il se fait une sorte de volontaire de la police. Il fait de la police, non pas pour en faire ; mai* il exploite les événements, le* faits, qu'il apprend

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de cette manière. C'est ainsi qu'il annonce le 15 mai, puis que, ce jour arrivé, il va à l'Assemblée, il prend part, à l'Hôtel-de-Ville, à la composition de ce Gouvernement insurrectionnel. Puis, l'événement passé, il se vante de l'avoir prédit. »

Sur M. Quentin, M. Étienne Arago prononce ces paroles devant la cour : « Dans la foule, je reconnus Quentin ; je lui dis qu'à mes yeux il n'était pas même un homme égaré, mais un agent provocateur. — J'ai vu plusieurs fois Quentin au bureau de La Tribune. Flocon, Duprat et moi, nous n'avions pas confiance en lui. Nous pensions qu'il venait de chez M. de Genoude et nous n'étions pas pour l'alliance carlo-républicaine; c'est pour cela que, le 15 mai, je l'ai pris pour un agent provocateur. » M. Pascal Duprat ajoute : « Je vis sur les marches de la tribune Quentin que j'avais vu à La Réforme, et nous étions un peu avares de politesse pour lui, sachant surtout qu'il écrivait dans La Gazette de Franee. »

Ces preuves suffisent. Au surplus, elles viendront surabondamment dans le cours de cette histoire.

Quant à la présence d'agents étrangers dans nos troubles, les témoignages les affirment également.

M. Félix Saniewski : « Le 13 ou le 14, je vis, dans un cabaret des Batignolles, où je vais lire le journal, des individus venir engager les ouvriers à se rendre, le 15, à l'Assemblée. J'ai reconnu parmi eux un individu qui allait souvent à l'ambassade russe. »

M. Lagrange, avocat, qui avait si bien lutté contre les envahisseurs : « J'ai rencontré, en me rendant à

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