‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 2)Chapitre 147 sur 164 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

l'Assemblée, M. (îolowine, russe très-ami de la Pologne, avec lequel j'ai souvent parlé de la manifestation. Je n'étais pas d'avis qu'elle eût lieu. Lui, au contraire, la désirait. Quand je le rencontrai, le 15, il me dit : Vous voyez bien qu'ell-e a lieu. .le connais une personne qui a donné pour cela 10,000 francs. »

M. Lamartine : « ... Il y avait encore dans le mouvement un autre élément dont l'existence m'a été révélée par la correspondance diplomatique ; l'étranger a eu, dans ces circonstances, beaucoup d'influence... »

M. Schlesinger 1 déclare avoir reçu l'avis « que les étrangers envoyaient de fortes sommes en France pour solder l'émeute. »

M. Frents 2 , capitaine de cavalerie, tient du sieurNicolas, conducteur de diligences, « que des groupes d'or, en monnaie russe, ont eu lieu récemment. Le premier envoi data du 4 mai... Je suis convaincu que cet or était destinéà l'insurrection 3 . t> Dans le rapport du juge d'instruction, M. Bertrand, relativement au 15 mai, on lit : « On signale parmi les agents qui parcouraient les communes de la banlieue deux agents russes qui, jusqu'à présent, n'ont pu être retrouvés \

1 Enquête, tome I", pape 349.

a Enquête, tome pai(e28?.

3 J'ai déjà expliqué que certains bruits île ce penre avaient eu pour hase des envois d'ar: eut aux maisons de banque Kœui^sw.irter et Kould. Fould-Oppenlieim.

« Enquête, pape 01.

COMMISSION EXKCITIVE

En démontrant la participation d'hommes de tous les partis et d'agents de toutes sortes dans les agitations et dans les troubles de cette époque, j'ai simplement constaté des faits que les événements n'ont que trop mis en évidence. Je ne reproche pas aux citoyens honorables d'opinions hostiles à la République, d'avoir été ses adversaires; mais je pense qu'il ne convient à aucun homme loyal de rejeter sur la République seule les agitations et les troubles qui furent la conséquence de communs efforts et de fautes communes.

Certains se sont vantés, non-seulement auprès de moi dans la conversation, mais hautement et publiquement, de leurs tactiques contre une forme de gouvernement qu'ils regardaient comme mauvaise et contre une révolution qu'ils traitaient de catastrophe. Ils ont réclamé la récompense de leurs heureuses manœuvres; et ils l'ont obtenue.

D'autres, qui poursuivaient le triomphe de leurs

principes et la succession de la République, ont été déçus de leur espoir, n'ayant opéré que contre euxmêmes.

Quelques-uns m'ont dit : « Les républicains ont longtemps conspiré contre nous! Eh bien! nous avons conspiré contre eux. Ils ont miné notre gouvernement, nous avons miné le leur. Ils nous ont attaqués et renversés, nous les avons attaqués et renversés. Efforts

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