CHAPITRE HUITIKMK. :ibl
autres ; aimez votre prochain comme vous-même ; chacun pour tous, tous pour chacun.
« Un cordon de neuf bannières brodées d'or flotte entre les pyramides; sur celle du milieu on lit ces vers de Béranger :
Peuples, formez une sainte alliance!
Et donnez-vous la main.
« Voici d'abord venir avec leurs bannières 86 hommes vêtus d'habits noirs , de pantalons blancs et de chapeaux gris. Ces hommes représentent les 86 départements.
« Les délégués des départements, précédés de leurs bannières, sur lesquelles sont gravées diverses inscriptions, font éclater leur enthousiasme.
« La bannière de l'Algérie est saluée par les vivat de la foule.
« Le cri devive l'empereur I se fait entendre : ce sonl les débris de la vieille garde, qui associent dans leurs acclamations les souvenirs du héros et de la l\épublique.
« Toutes les sympathies sont pour l'Italie, la Pologne Ct l'Irlande, dont les bannières se déploient dans les airs.
« Les divers corps de métiers portaient leurs chefsd'œuvre.
« On a remarqué le plan en relief du dôme des Invalides par les maçons.
a Le labyrinthe du Jardin des Plantes par les charpentiers.
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« Le chef-d'œuvre des menuisiers, plus vaste et plus compliqué, est un monument carré, entouré d'une colonnade, ayant beaucoup de rapport avec la Bourse.
« Les ouvriers menuisiers, compagnons du devoir et de la liberté, portaient le Temple de Salomon.
« Les tailleurs de pierre, un projet de palais datant de 1844.
« Le chef-d'œuvre des débitants de tabac est un cigare monstre, sous un palanquin en velours rouge, frangé de feuilles de Virginie et de Maryland.
« Le chef-d'œuvre des boulangers est une couronne que supporte un faisceau de flûtes et de pains à café. Le chef-d'œuvre des serruriers est le modèle du comble en fer de l'Hôtel-de -Ville. Les fleuristes et les marchands de plumes promènent un dais de roses et de satin qui chatoie doucement au soleil et caresse la vue. Un lit fermé, un lit à ramages s'avance, soutenu sur les robustes épaules des imprimeurs d'étoffes ; puis une selle, signée Amiard, et une machine à vapeur, signée Kientsy.
a Une presse en fer qui imprimait La Marseillaise et Le Chant du Départ fonctionnait par les soins des ouvriers typographes.
« Le char monumental des faiseurs d'instruments de musique produit le plus bel effet : sous un pavillon de toile, échafaudé dans un pêle-mêle harmonieux, s'élevaient un orgue de Debain, des pianos, des basses, des cors, des lyres, mille voix de cuivre et d'argent. Les cordes des violons frémissent à la brise ; les cymbales résonnent balancées.
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« De temps en temps, un musicien se met au piano et joue. Sur le devant du char, des enfants couronnes de fleurs portent les bannières de l'art ; sur la bannière de l'éloquence sont les noms réunis de Bossuet et de Benyer ; sur celle de la comédie, les noms de Molière et de Scribe ; sur celle de la déclamation, Talma et Rachel. Les maîtres primitifs, Palestrina, Angoulvanl, Lulli, etc., ont leurs banderolles à part qui flottent aux quatre coins, dans le bruissement mélodieux des roues. Ce char artistique et somptueux, comme aurait dû l'être celui de l'agriculture, termine le cortège des corporations.
u Le bazar du voyage a fait un monument merveilleux de légèreté et d'élégance, avec des gibecières, des parapluies, des pantoufles et mille objets divers.
a Les tapissiers, les doreurs et les fleuristes s'étaient associés, et montraient comme spécimen de leur industrie un divan de forme circulaire, à bois doré, recouvert de damas de soie blanc et présentant, au centre, une immense corbeille de fleurs artificielles, dont les couleurs ressortaient heureusement au milieu de ce mélange de soie et d'or.
a Le drapeau des plumassières était surmonté de plumes tricolores.
« La bannière des fabricants de perles d'acier étincelait de bouquets et de guirlandes polies.
<c Les orfèvres montraient une riche fontaine à thé et des vases d'un beau travail.
« Un beau vase de la Renaissance en bronze, avec un mascaron au milieu, plusieurs statuettes, entre
autres celle de Spartacus, formaient les attributs de l'industrie des bronzes.
« Un char de M. Oranger, sur lequel était une panoplie d'armures du moyen âge, avec quatre guerriers couverts de fer, annonçait l'armurerie.
« Les artistes en porcelaine portaient de magnifiques vases et des figurines en biscuit.
« La corporation des boulangers traînait sur un baldaquin un enfant représentant l'amour. Le baldaquin était suivi de charmantes jeunes filles. — Derrière l'une de ces corporations marchait une femme revêtue du costume attribué aux Vésuviennes.
« On remarquait encore l'industrie des tissus, celle si renommée des papiers peints, les bourreliers avec leur trophée de collier, les ateliers monétaires de Paris, etc., etc.
a Voici enfin le morceau capital de la fête, le char de Y Agriculture, d'autant plus impatiemment attendu qu'avec lui arrivent les cinq cents jeunes filles vêtues de blanc et couronnées de chêne. On cherche en vain le maillot rose; on ne le voit nulle part, le maillot rose a été supprimé. Après, viennent les orphéonistes, les enfants de Paris, les élèves du Conservatoire, harmonieuse armée, que son commandant, M. Elwart, dirige avec honneur.
« Des chants retentissent ; le canon tonne ; la foule déroule ses flots mouvants sur les talus du cirque et le long des hauteurs de Ghaillot et de Passy, d'où descendent, à travers mille détours, les cuirassiers étin-