CHAPITRE PREMIER
nous soyons tous des républicains... cependant, quant à moi , je déclare que je suis républicain nouveau , je déclare qu'avant le 24 février, j'étais monarchiste, que je n'étais pas républicain ; et par conséquent, je comprends très-bien qu'ayant des aînés et des anciens dans la république, il ne me convient pas à moi, si jeune dans cette opinion et qui n'ai pas encore fait mes preuves, d'écarter mystérieusement ou publiquement ceux dont la pensée a devancé la mienne. » (Très-bien ! très-bien ! Longs applaudissements.)
Après M. Gatien Arnoult qui défend les conclusions du rapport, M. Ferdinand de Lasteyrie cherche à prouver, par une dialectique serrée, que l'homogénéité si désirée ne peut se trouver dans un ministère dont chaque membre sera élu nominativement et au scrutin secret.
M. 0. Barrot demande la parole. L'attention de l'Assemblée redouble. Le chef de l'ancienne gauche a senti la nécessité de lutter contre les impressions produites par MM. Jules Favre, Lacordaire et F. de Lasteyrie, sur une assemblée non endurcie encore à l'éclat de la parole et aux entraînements de la tribune.
Pour répondre à l'appel fait aux hommes pratiques, il ramène la discussion à une seule question de principes et de gouvernement.
Distinguant le pouvoir définitif du pouvoir intérimaire, il concède à M. Jules Favre l'incontestabilité de ses assertions, en se plaçant au premier point de vue, mais dans le second il ne voit qu'une anticipation :
a Que feront des ministres entre une commission exécutive nommée par vous et l'Assemblée? A qui répondront-ils? De qui relèveront-ils? Il y a là une source imminente de conflits... Noire grande œuvre, ce sera la constitution républicaine de la France, c'est là notre but! notre devoir! et j'espère que ce sera notre gloire. (Très-bien.)
« Mais, pour procéder même à cette œuvre, nous devons exercer un contrôle attentif et jaloux sur toutes les parties de l'administration et du gouvernement ; mais nous devons veiller à ce que la sécurité soit profonde; mais nous devons veiller à ce que notre liberté d'action, de délibération, de vote, ne soit altérée par aucun incident du dehors...
« Nous ne pouvons donc pas nous désintéresser de l'administration. Nous devons au contraire nous en occuper, nous devons exercer un contrôle actif. j>
Il insiste de nouveau vivement sur les conflits probables entre une commission exécutive et l'Assemblée :
« Morts ou vivants, vous ne pouvez sortir de cette enceinte que lorsque vous aurez accompli et rempli votre dette vis-à-vis du pays. (Très-bien.) Aucun pouvoir qui vous arrêterait dans votre marche, qui élèverait des prétentions contre vous, qui rendrait votre œuvre difficile, ne peut- subsister devant vous.
« En nommant une commission exécutive, vous n'évitez rien, vous créez un rouage de plus, vous affaiblissez la responsabilité en la divisant. Vous faites des ministres qui ne sont pas sérieux, vous