‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 2)Chapitre 22 sur 164 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

et de la liberté de la conscience que je proteste contre ces accusations. C'est au nom de l'intelligence humaine, qui ne peut pas s'assouplir, et qui ne s'assouplit aveuglément que chez ceux qui veulent garder le pouvoir pour le pouvoir, et s'inclinent immobiles devant la nécessité d'un portefeuille. C'est chez ceuxlà seulement que j'ai trouvé, en même temps que la bassesse, une unité absolue, systématique. Respect donc à la conscience ! respect à l'unité dans la société. (Bravo ! bravo !)

« Quant à nous , nous avons été unis par nos actes les plus importants ; il n'y en a pas un seul qui ne porte la signature de tous: Or, si nous n'emportons pas la reconnaissance de la Chambre, nous emporterons le sentiment d'avoir satisfait à notre conscience, d'être restés bons collègues, d'être restés frères. Je ne crains pas d'être démenti , quand je dis cela. C'est à cette union que je vous convie, c'est à ce sentiment d'union que je vous appelle. Ainsi, nous avons été de bons citoyens par le but; eh bien ! comme nous, oubliez les nuances, ne voyez que la patrie, le peupio qui souffre, ses intolérables misères ; ne soyez ni majorité ni minorité, mais une assemblée animée par un seul sentiment. Pour le bien qui reste à faire, ne perdez pas de temps en vains discours ; faites comme nous! faites mieux que nous! agissez! agissez en vue du périple I (Applaudissements.) »

« Le citoyen Ledru-Rollin » ajoute le Moniteur, « reçoit, en descendant de la tribune, les nombreuses félicitations de ses collègues. »

Ainsi, en se plaçant sur le terrain de la conciliation et de l'union, M. Ledru-Rollin eut l'habileté et le bonheur de rejeter sur ses adversaires les reproches d'exclusivisme et de division. Sous l'impression produite par son éloquent discours , la clôture fut aussitôt prononcée à une grande majorité et malgré quelques insistances hostiles.

Le maintien du Gouvernement provisoire et la formation d'une commission de trois membres furent successivement repoussés. Laproposition de M. Dornès fut adoptée en ces termes :

« L'Assemblée nationale constituante confère le pouvoir exécutif à une Commission de cinq membres, qui choisira des ministres hors de son sein. »

Cette résolution, opposée à celle que faisaient prévoir les premières inspirations de l'Assemblée, produisit une profonde sensation, et donna carrière, dès le soir venu, à toutes les menées. Les diverses réunions des représentants, les journaux, les clubs se livrèrent à des débats passionnés sur le choix des membres de la Commission executive. La nuit entière fut employée à des allées et venues, à des conférences, à des démarches auprès des candidats désignés par l'opinion. Une dernière combinaison pouvait écarter M. Ledru-Rollin, c'était celle où M. Dupont (de l'Eure) consentirait à faire partie d'un pouvoir homogène. Une telle acceptation eût, sans nul doute, contre-

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