‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 2)Chapitre 27 sur 164 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

« Il est interdit de les apporter en personne à la barre. »

Si ces deux décrets avaient été adoptés sans discussion, il n'en fut pas de même du projet d'organiser l'Assemblée en comités permanents.

L'absorption du Pouvoir exécutif par les fameux Comités de la Convention apparut soudain à toutes les mémoires ; et cependant, le projet fut chaleureusement soutenu par MM. Stourm, 0. Barrot, Dufaure et Brunet. MM. Vignerte, Crémieux, Ferdinand de Lasteyrie et Bastien le combattirent vivement.

Les premiers affirmaient que, le principe du gouvernement étant le gouvernement de tous par tous, chacun avait des droits égaux à se mêler aux affaires de la République et devait être mis à même de les apprendre, de s'initier aux détails de l'administration et d'apporter, suivant son aptitude et sa bonne volonté, son contingent d'études et d'efforts. La création de comités permanents permettrait aux hommes modestes et spéciaux, ainsi qu'aux minorités, de se faire entendre ; elle assurerait aux travaux une meilleure élaboration, et plus de suite et de logique que le système des commissions nommées par des bureaux tirés au sort et formés par le hasard.

« Vous faites descendre l'administration dans l'Assemblée! x> s'écria M. Vignerte. « Vous faites revivre la

proposition, déjà repoussée, de la nomination directe i. 4

des ministres par l'Assemblée! » s'écria M. F. de Lasteyrie. Et ils affirmaient que les ministres allaient être effacés; que leur responsabilité ne serait plus sérieuse; que la minorité, loin d'obtenir la possibilité de faire prévaloir quelques-unes de ses idées, serait écrasée par une majorité perpétuelle, immuable; que les hommes spéciaux, tous autres étant exclus, trancheraient seuls toutes les questions ; que les meneurs des comités deviendraient les meneurs de l'Assemblée; tandis que les bureaux avaient l'immense avantage de mettre successivement en présence tous les représentants et d'établir entre eux des rapports plus fréquents.

Les partisans du décret se hâtèrent de protester contre toute pensée d'absorption administrative. Ils déclarèrent avoir pris leur modèle à l'Assemblée Constituante de 1789, et non à la Convention; et ils consentirent à maintenir quinze bureaux à côté de quinze comités.

Celte concession concilia tout, et l'Assemblée adopta à la presque unanimité la création des comités dont les attributions et les dénominations furent rapidement définies :

1 er Comité chargé de rechercher les moyens d'améliorer le sort des travailleurs ;

2* Comité de la justice et de la législation civile et criminelle ;

3 e Comité des cultes ;

4 e Comité des affaires étrangères ;

5 e Comité de l'instruction publique ;

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