‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 2)Chapitre 30 sur 164 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

France. Suivant l'orateur, a un cruel malentendu existe entre l'Allemagne et la Pologne dont la cause est une, car c'est la cause de la liberté et de la civilisation... Si les Chambres de la royauté de Juillet ont, pendant dix-sept années, répété cette phrase sacramentelle : La Nationalité polonaise ne périra pas; nous, nous devons déclarer que nous ne la laisserons pas périr et que la France est prête à tout faire pour ne pas la laisser périr, d L'orateur descend de la tribune. « Concluez ! » lui crie-t-on. Il y remonte et conclut en demandant à la Chambre de faire appel par voie de proclamation à la nation allemande et à la Diète de Francfort.

M. d'Aragon vient compliquer la situation en réclamant la fixation d'un jour pour des interpellations sur les affaires d'Italie.

M. Lamartine accepte à l'avance le moment qui sera fixé par la chambre pour les deux questions. Il fait seulement observer qu'il serait peut-être bien d'ajourner de quelques jours par ce motif bien simple, que le gouvernement n'est pas encore constitué.

Il termine par cette déclaration, qui est accueillie par les applaudissements unanimes:

« Le drapeau français ne s'avancera qu'à son heure, dans les limites que votre sagesse et votre patriotisme universel auront écrites de votre propre main. Mais, sachez-le bien, ce qui s'est passé en 1831 ne se renouvellera pas en 1848; et quand le drapeau français se sera avancé jusqu'où votre politique lui aura dit de se porter, sachez qu'il ne reculera pas. »

M. Montalembert insiste pour que l'interpellation sur la Pologne ait lieu sur le champ.

L'Assemblée renvoie au 1 5 mai la double discussion sur la Pologne et sur l'Italie.

A ces questions extérieures, qui agitaient profondément l'opinion publique et qui, chaque soir, soulevaient dans les clubs les plus violents débats, succéda la question sociale incessamment posée par M. Louis Blanc sous la demande d'un Ministère du travail et du progrès.

Le 9, M. Louis Blanc avait annoncé à l'Assemblée que les président et vice-présidents de la Commission de gouvernement pour les travailleurs avaient résigné leurs fonctions le jour où l'Assemblée nationale avait pris possession de la souveraineté.

Le 10, au milieu de ses développements au sujet de la création de ce Ministère, la justification de la Commission du Luxembourg donna lieu à une manifestation qui peint bien les préventions contre l'orateur et les prétentions unanimes des représentants à l'amour du peuple :

M. Louis Blanc : Beaucoup d'amertume est entrée dans mon creur, c'est vrai, mais je m'attendais à tout ce qui s'est fait ; je savais qu'on n'attaque pas impunément la force ; je savais que ce n'est pas impunément qu'on émet des idées nouvelles devant des hommes pénétrés de la nécessité des idées anciennes.

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