‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 2)Chapitre 31 sur 164 · CHAPITRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIEME

Je savais que je me ferais beaucoup d'ennemis ; que je souffrirais pour le peuple ! (De vives interpellations sont adressées à l'orateur de toutes les parties de la salle.)

Voix nombreuses : Allons donc ! — A l'ordre !

Le citoyen Louis Blanc : Oui , citoyens , vous êtes tous des hommes du peuple, et c'est précisément parce que vous êtes des hommes du peuple...

Plusieurs voix : Des amis du peuple !

Le citoyen Louis Blanc : Que si l'on venait dire à l'un d'entre vous: C'est vous qui faites le malheur du peuple ; c'est vous qui êtes responsable de la prolongation de sa misère ; vous êtes un mauvais citoyen il n'y en a pas un seul d'entre vous

Plusieurs voix: Personne ne vous a dit cela !

Le citoyen Berger: Vous avez bien mérité de la patrie.

Le citoyen Louis Blanc : Il n'y en a pas un seul d'entre vous qui n'eût eu le cœur profondément attristé, et celui qui n'aurait pas senti en lui de grandes angoisses, n'aurait pas été un homme du peuple. Oui, je l'avoue, j'ai été profondément touché, profondément ému d'attaques que je considérais comme injustes, non pas en tant qu'elles s'adressaient à mes idées; si mes idées sont fausses, qu'elles succombent, ce sera le bien du pays ; mais les attaques qui s'adressaient à mes intentions... (Vives dénégations,)

Le citoyen Freslon : Chacun applaudit à vos intentions ; il s'agit d'une question de système ; votre personne est en dehors du débat, et je regrette que vous l'y placiez si souvent. (Approbation.)

Un représentant : Tout le monde vous rend justice.

Le citoyen Louis Blanc : Il ne s'agit pas des attaques qui ont pu être dirigées contre moi dans cette enceinte. (Vives exclamations.)

Voix diverses : Pourquoi en parler ? — Parlez du ministère du travail ; ne parlez pas de vous ; vous n'avez pas besoin de justification. (Vive agitation.)

Le citoyen Louis Blanc : C'est des travailleurs et c'est du pays que je parle, en parlant des calomnies dirigées, non pas contre moi simple individu, mais contre moi chargé d'une mission spéciale devant avoir pour aboutissement la solution des questions qui intéressent le peuple. Probablement le peuple n'est pas aussi complètement désintéressé dan3 la question que ceux qui sacrifient à ses intérêts leur repos, leur santé... (Oh! oh! — Bruit prolongé!) et s'il le fallait, leur vie... (Explosion de cris et de murmures I)

Le citoyen Freslon : Attendez donc la postérité.

Le citoyen Louis Blanc : Je reprends et je dis que j'ai été ému, mais que je n'ai pas été le moins du monde découragé... (Bruit.) Non ! cette cause sacrée du peuple je la défendrai tant... (Vive et générale interruption.)

De toutes parts : Tous ! tous !

Voix diverses : Nous sommes tous ici pour le peuple et pour défendre ses droits. — Nous sommes tous ici pour la question sociale... (Oui ! oui !) — Vous n'avez pas le monopole de l'amour du peuple. — Il n'y a pas de parti ici pour cette question ; toute l'as-

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