CHAPITRE DEUXIÈME
semblée est ici pour défendre les intérêts du peuple. Il n'y a qu'une voix.
De toutes parts : (Oui ! oui !)
(Toute l'Assemblée se lève avec énergie. — Longues acclamations.)
Un représentant, avec animation : Nous sommes tous du peuple, nous sommes tous venus au nom du peuple. (Vive agitation.)
Cris nombreux : Assez ! assez !
Le citoyen Louis Blanc : Vous ne savez pas, citoyens, jusqu'à quel point vous me rendez heureux. (Exclamations nombreuses.)
M. Louis Blanc continue à exposer éloquemment ses sentiments. Il termine en exprimant la crainte que la société marche vers un abîme. « On disait, avant la Révolution de Février: Prenez garde à la Révolution du mépris! eh bien! c'est à nous à rendre impossible, et cela se peut, la Révolution de la Faim. »
L'Assemblée repoussa à la presque unanimité la proposition d'un ministère du travail et du progrès et vota à l'unanimité la création d'une Commission d'en-» quête. Sa détermination était de tous points identique à celle du Gouvernement provisoire dans la journée du 28 février.
Dès le 6 mai, à ce sujet, avait été présentée la proposition suivante, signée par les membres des opinions les plus opposées : les citoyens Wolowski, Léon Faucher, Bastide, Bûchez, Corbon, Agricol Perdiguier, Peupin, Considérant, Gustave de Beau-
mont, Greppo, ouvrier (de Lyon), Jobez, Tamisier, Julien, ouvrier (d'Indre- et -Loire), Toupet- Desvignes, Bertin (d'Iile-et-Vilaine), Louis Perrée et Falloux :
« L'Assemblée nationale,
« Attendu qu'elle regarde comme un devoir sacré de s'occuper sans retard de l'amélioration du sort des travailleurs ;
« Attendu que cette question exige un examen approfondi et demande une prompte solution, « Décrète :
« Un comité de dix-huit membres sera nommé pour procéder immédiatement à une enquête sur la situation des travailleurs industriels et agricoles, et pour élaborer les mesures destinées à améliorer cette situation. »
Le 1 1 , l'Assemblée décida que la Commission du travail industriel et agricole serait portée à trente-six membres. Le 12, lors de l'organisation de l'Assemblée en quinze comités, cette commission fut fondue dans le Comité chargé de rechercher les moyens d'améliorer le sort des travailleurs.
M. Louis Blanc trouva dans les clubs l'adhésion que lui refusait l'Assemblée. Les plus ardents lui votèrent des délégations et des adresses pour le remercier d'avoir si énergiquement défendu les droits des classes déshéritées.