‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 2)Chapitre 34 sur 164 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

pond le mieux actuellement aux dispositions et aux besoins de la France... La grande fête de la République, c'est de courir au-devant du peuple qui souffre ! j>

L'Assemblée avait en un seul jour acclamé la République dix-sept fois ; elle avait admis au sein de son Pouvoir exécutif MM. Ledru-Rollin , les Arago, Flocon, Gaussidière, Guinard, etc. ; elle avait exprimé des sentiments fraternels pour la Pologne, l'Italie et toutes les nationalités opprimées; elle avait considéré comme une offense de n'être pas du peuple ; elle avait organisé un comité d'enquête pour améliorer le sort des travailleurs; née de la souveraineté du peuple, élue par le suffrage universel, elle avait à peine vécu quelques jours; et déjà ceux qui se disaient les purs, les vrais défenseurs des principes démocratiques, se complaisaient en injures, en attaques véhémentes, en attentats prémédités contre elle, alors qu'ils lui devaient tous les respects, tous les dévouements, tout leur sang.

Eux aussi, les monarchistes la poursuivaient de leurs sarcasmes, et contre elle ourdissaient leurs trames. Mais du moins ils étaient logiques, tandis que les républicains socialistes ne l'étaient point. Ils érigeaient en tactique de parti ce qui était aveuglement ou crime chez ceux-ci.

Il est curieux, opportun, de citer les deux langages

tendant tous les deux au même renversement, quoique dictés par des opinions hostiles l'une à l'autre. Lisons quelques lignes des uns et des autres.

L'Union, du 10 mai : « C'est du chaos que nous avons eu aujourd'hui à l'Assemblée nationale.

a Est-il spectacle plus affligeant !

« L'Assemblée ne s'est pas montrée jusqu'ici à la hauteur de sa tâche... elle s'est montrée passionnée jusqu'à la colère, turbulente jusqu'au désordre... nous l'avons vue gaspiller en discussions oiseuses, en querelles, en violences, les instants si précieux de ses premières séances... L'intelligence la plus synthétique, la plus méthodique, la mieux organisée tenterait vainement de coordonner ce tableau parlant et disparate, de ramener à une seule langue cette effroyable Babel de tous les idiomes, de tous les patois, plus ou moins francisés que nous ont étalée les élus du suffrage universel

ce C'était à ne savoir à qui prêter l'oreille. Toutes ces 900 bouches de législateurs sans lois, d'organisateurs désorganisés, de sauveurs éperdus, criaient, clamaient, vociféraient à la fois »

La Presse (10 mai) : « Quelle confusion ! quel tumulte ! quel désordre ! quel verbiage ! quelle absence de discipline et de dignité !...

«... Voilà pourtant où conduit la manie de parler à tout propos, hors de propos ! Il y a des gens dans

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