CHAPITRE DEUXIÈME
cette enceinte qui ne tiennent pas en place, et qui semblent croire que, pour gagner leurs 25 francs par jour, il faut absolument s'agiter, crier, escalader la tribune et parvenir à prononcer des phrases quelconques au milieu de l'impatience générale. »
(13 mai.) <r A quoi donc songent les 900 représentants?
« Est-ce à se munir chacun d'une idée juste?
« Non!
« Ils songent à se faire apporter 900 fusils \ •
« Telle est la confiance qu'ils, ont eux-mêmes dans leurs propres boules, qu'ils les mettent sous la protection des balles.
« Une seule idée juste cependant les eût plus efficacement protégés que 900 fusils.
« La force ! la force! toujours la force!... »
(14 mai.) a Tous les journaux sont unanimes ce matin à s'élever contre le temps si précieux que perd l'Assemblée nationale en détails futiles.
»... Elle a déjà coûté aux contribuables, du 4 mai au 13 mai, à raison de 22,000 francs par jour, la somme de 225,000 francs. »
Le Représentant du Peuple: (4 mai.) a Gomment le peuple va-t-il recevoir les représentants de la France ?
« La méfiance et la dérision seules répondent. Je cherche des frères, et je ne trouve partout que des conspirateurs ! la guerre civile n'est déjà plus dans les prévisions. Elle est un fait. Elle n'est plus re-
1 Bruit calomnieux et ridicule, aussitôt démenti
doutée comme le plus horrible des maux ; elle est acceptée comme une nécessité. A la campagne comme à la ville, on fabrique de la poudre, on fond des balles, on apprête les armes. Les chefs donnent le mot d'ordre et lancent leur manifeste ; vous n'entendez partout proférer que cette parole de mort : il faut en finir I
« Le bourgeois est résolu d'en finir avec le prolétaire, qui de son côté est résolu d'en finir avec le bourgeois, le travailleur veut en finir avec le capitaliste, le salarié avec l'entrepreneur, les départements avec Paris, les paysans avec les ouvriers. Dans tous les cœurs la colère et la haine, dans toutes les bouches la menace. Quelle est donc la cause de cette discorde ? Les élections !
« Le suffrage universel a menti au peuple »
La Vraie République : (7 mai.) * Aujourd'hui, que voyons-nous? Une assemblée de neuf cents hommes, que le hasard des intrigues électorales a désignés pour une œuvre dont ils ne comprennent pas même le sens. Regardez-les! il y a trois jours à peine qu'ils sont face à face, et déjà ils sont froids, languissants, découragés du pressentiment de leur propre impuissance... Déjà, cela se sent, la France détourne la te te . • . • .
« Non, cette réunion hétérogène, dont l'amour de la patrie et de l'humanité est absent, ne peut porter noblement cette inscription funéraire qui devait rester sur la tombe des grands initiateurs morts : Assemblée Nationale !... .